Ainsi, ils banalisent l’élection du président du Faso

29/06/2020
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Ils sont déjà huit candidats, en attendant l’arrivée des autres. En 2015, ils étaient treize. Eux, ce sont les candidats à la présidentielle du 22 novembre 2020. C’est sans doute le modèle de démocratie à la française qui explique ce nombre, toujours élevé, de candidats aux élections présidentielles sous nos tropiques. Sinon, rien ne peut en toute sincérité, expliquer le nombre aussi élevé de candidats à une élection présidentielle si toutefois la volonté et l’engagement réels des uns et des autres est, après leur élection, de travailler au développement du pays. Comme s’ils allaient à un concours d’entrée dans la fonction publique, nos hommes politiques ont l’art de banaliser les élections présidentielles à tel point que les populations leur accordent moins d’importances. Et pourtant, un président du Faso, ce n’est pas n’importe qui.
En effet, il n’est certainement pas question d’empêcher par quelque moyen qu’il soit tous ceux qui aspirent à la magistrature suprême, mais au moins le bon sens et l’éthique, pour ne pas dire la morale que chacun est sensé détenir, devraient lui enseigner la retenue. Autrement dit, on n’a pas besoin de plusieurs idéologies ou de plusieurs modèles pour développer le Burkina Faso. On n’a pas non plus besoin de se présenter à une élection présidentielle ou être président du Faso pour participer au développement de son pays. Les problèmes des Burkinabè sont connus de tous. Ils se résument à l’insécurité, à l’accès à l’alimentation, à l’éducation saine et adaptée, à l’accès aux services sociaux de base (santé, eau, électricité, assainissement), à la lutte contre le chômage des jeunes, à la bonne gouvernance et à la juste répartition des ressources de l’Etat. C’est de cela qu’il s’agit et les solutions ne se trouvent pas dans le nombre élevé de candidats à la présidentielle.
Cette pluralité ou multiplicité (c’est selon) des candidatures aux élections est le signe de l’égocentrisme et de la division des Burkinabé autour des questions essentielles, même quand elles sont évidentes. Cette attitude est si bien entretenue par la classe politique qu’elle déteint sur le peuple. Qui, lui aussi, avant et après chaque élection, se retrouve divisé. C’est donc de la faute des hommes politiques si les Burkinabé ne s’accordent pas sur les questions qui minent le développement de leur pays. Et quand on parle de réconciliation, ils sont les premiers à soutenir qu’il n’y a aucun problème entre les Burkinabé. Car, ils sont bien conscients que si jamais le peuple se réconcilie avec lui-même, les premiers perdants seront les hommes politiques.
Aussi, pour ces élections-ci à venir, les Burkinabé devraient enfin comprendre que leur première difficulté, c’est la classe politique et les hommes qui l’animent. En vérité, très peu d’entre eux se battent pour notre bien-être. On a même parfois l’impression qu’il y en a certains qui s’en moquent éperdument. C’est pourquoi, parmi tous ces candidats ou pseudo-candidats qui prétendent à nos suffrages, il faut savoir faire le choix, le bon. En attendant, chacun doit s’inscrire et détenir sa carte d’électeur. Sésame indispensable pour choisir dans les urnes celui ou ceux qui sont capables de porter nos aspirations.

Dabaoué Audrianne KANI



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