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Reporters Solidaires : pour des journalistes mieux outillés

14/06/2016
00:00

A la fin de la formation des journalistes Maliens et Bobolais le 25 mai 2016 à Bobo-Dioulasso, nous avons rencontré les formateurs Christine Cognat et Christian Lanier respectivement présidente et membre de l’association Reporters Solidaires.

 

Christine Cognat : Je suis Christine Cognat, Journaliste, Présidente de l’association Reporters Solidaires fondée en 2008 à Lyon. Notre association a la particularité de réunir en même temps les journalistes français et des journalistes de certains pays d’Afrique de l’Ouest francophone, notamment Burkinabè, Maliens, Guinéens et qui sont tous engagés bénévolement dans l’aide à la formation de leurs jeunes confrères et consœurs francophones.

Pourquoi une formation en faveur des journalistes africains ?

Parce qu’on me l’a demandé, je ne pensais pas me retrouver un jour dans cette situation. J’avais fait un reportage en Guinée, à la suite de ce reportage, j’ai été contactée par des  Guinéens qui m’ont demandé de monter un projet de formation en Guinée, on a commencé là-bas avant même de créer l’association entre 2007 et 2008. Après, il fallait trouver des financeurs, même si c’est à titre bénévole, il fallait un financement pour le voyage, le logement, le déplacement. Nous sommes allés voir notamment la région Rhône Alpes où nous habitons  le siège de l’association et la ville de Lyon puisque nous sommes de Lyon en France. Ils nous ont proposé de monter un projet au Mali et au Burkina Faso, qui sont des régions  partenaires. Il s’agit de la région de Tombouctou pour le Mali et la région des Hauts-Bassins pour le Burkina.

Nous sommes venus en 2009 pour une mission exploratoire et nous avons rencontré Mountamou Kani à Bobo-Dioulasso qui venait de créer l’Union des journalistes, communicateurs et correspondants de presse. Il est devenu notre partenaire et on a annoncé ce projet en 2009

A quelle phase de la formation êtes-vous?

Je précise que c’est la fin d’une session de la formation, et j’espère qu’on pourra continuer, c’est une formation mixte qui concerne une dizaine d’animateurs radio de la région de Tombouctou qui viennent à Bobo-Dioulasso puisque nous ne pouvons pas nous rendre dans la région Nord du Mali pour des raisons de sécurité, et nous avons joint aussi une dizaine de journalistes et d’animateurs radio de la région des Hauts-Bassins, c’était donc une formation mixte. Pour cela, nous sommes aidés par Moussa Sanon et Abdoulaye Ouattara qui sont déjà venus en France pour suivre un master en journalisme à l’université de Lyon, maintenant, ils sont formateurs à leur tour.

« Nous avons fait la moitié du chemin »

C’est donc un programme sur 2 ans qui n’est pas encore terminé. Nous avons fait la moitié du chemin avec les maliens, c’est un 2ème groupe qui a commencé avec un 1er.

Le sentiment est que ça c’est très bien passé, ces journalistes Burkinabé et Maliens sont vraiment intéressants et motivés, on a trouvé une bonne ambiance, ils ont vraiment envie d’apprendre et surtout on essaie de leur faire faire des choses qu’ils n’ont pas l’habitude de faire.  On a beaucoup travaillé sur les lois sur la presse, l’éthique et la déontologie puisqu’en journalisme, il est important de reconnaître le cadre légal dans lequel on travaille. Nous avons effectué des reportages de façon très pratique sur le terrain en écrit et en audio (Radio), et je pense vraiment qu’ils ont très bien travaillé

Et l’autre moitié du chemin ?

Nous avons demandé une subvention pour le financement de deux nouvelles sessions et attendons que les nouvelles politiques à Lyon votent un budget pour la poursuite du projet. La subvention votée, nous reviendrons à la fin de l’année 2016 ou au début de l’année 2017.

Prévoyez-vous inviter des journalistes en France près la phase finale de la formation ?

Ça déjà été fait avec le financement de la région Rhône-Alpes avec Moussa, Abdoulaye, Bassératou et Paul qui travaillent ici à Bobo-Dioulasso. Le problème c’est qu’à Lyon, il y a eu des élections, nouvelle équipe à la région Rhône-Alpes et ce n’est pas certain que cette nouvelle équipe accepte de prendre en charge des journalistes pour venir à Lyon. Je ne veux pas m’avancer pour le moment.

« Un institut des média  à l’université de Bobo-Dioulasso»

En revanche, nous lançons  à l’université de Bobo-Dioulasso, un  institut des media En partenariat avec l’université de Lyon et nous espérons pouvoir dans ces prochains mois démarrer un master en journalisme. A la fin de ce master, certains journalistes pourront suivre à Lyon un master international du journalisme ; pour cela Ils auront la possibilité de demander des bourses d’étude à Campus France dans les ambassades de France pour venir suivre des études plus approfondies en France.

Christian Lanier : Journaliste à Lyon, membre de Reporter Solidaire depuis 4 ans et cette mission qui m’a été proposée, je l’ai beaucoup appréciée. C’est la 2ème fois que je viens à Bobo.

Les grands points de la formation ?

Les grands points de la formation sont l’étude des lois, la déontologie, l’éthique en journalisme, je pense que les cours ont été très bien assurés par notre présidente et le genre c’était bâtir un  reportage, savoir comment ce genre journalistique pouvait être mis en pratique parce que le reportage est particulier parce que souvent, on se trompe un peu, on fait un compte rendu en croyant faire un reportage et là ça nous a permis d’aller sur le terrain en reportage avec de jeunes journalistes pour leur apprendre un peu les techniques du reportage, donc il y a eu un peu de pratique et de théorie sur la notion du reportage c’était le récit, qu’est ce qu’il fallait faire, et essayer d’apprendre à le mettre  en pratique sur le terrain sur différents sujets …qui sont donc très bien tombés. Des jeunes ont donc pu se confronter à la réalité d’un reportage en période d’électorale et puis d’autres sujets : le vieux Bobo, le paludisme et un problème de décharge à ciel ouvert. Et je pense que les stagiaires ont tres bien travaillé. … une partie audio et une partie écrite, je pense que dans tous les cas, c’est assez complet que ce soit du coté des jeunes Maliens ou des jeunes Burkinabè. Je pense qu’ils ont retiré quelque chose de cette semaine, bien sur, on est sûr de rien, il faut continuer à travailler, tout compte fait, globalement, l’éclairage était bon.

Quelle est la particularité de votre formation ?

Christine : la particularité de Reporters Solidaires, c’est de prendre un même groupe et de le suivre pendant 2 ou 3 ans. Ce groupe a étudié la déontologie, les lois et l’éthique., on fera certainement une formation sur l’enquête, approfondir d’autres genres, l’analyse et puis je pense qu’on se dirige plus vers une autre technologie, il y aura donc des formations sur le montage radio et le montage audio, l’écriture sur le web et peut-être les vidéo. En fait, il y a énormément de media qui sont sur internet et le journaliste est appelé à être multimédia.  Avant le journaliste était de la presse écrite soit il était à la télé, soit à la radio. De nos jours, on demande aux jeunes journalistes de savoir tout faire, écrire, recueillir de l’audio et également faire des images sur des sites internet. Il faut approfondir cette voie parce qu’en Afrique, toute la formation multi médiatique est en train de prendre beaucoup d’importance.

Le blog, une tendance qui prend de l’ampleur

Le blog est très à la mode, surtout chez les journalistes, parce que souvent, ils arrivent à écrire dans leur blog ce qu’ils ne peuvent écrire dans leur journal. A mon avis, c’est une erreur  car même lorsqu’ils rédigent dans leur blog, même s’ils croient que c’est un blog personnel, il sont toujours vus comme des journalistes et ils doivent appliquer dans leur blog les mêmes règles et les mêmes principes qu’en journalisme, il ne faut donc pas diffuser des informations non vérifiées par ce que c’ est sur le blog.  Il faut toujours avoir la même rigueur et c’est ce qui fait la différence entre ceux qui sont sur Facebook et les journalistes. La 1ère  règle, c’est de chercher la vérité, vérifier l’information, ne pas divulguer des rumeurs, ensuite le journaliste est un citoyen comme les autres et il a le droit d’avoir une conviction personnelle. Mais ne doit justement pas les afficher sur son blog au risque de compromettre son travail.

Retranscription faite par Aminata SANOU/ Stagiaire

 


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