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Mutinerie en Côte d’Ivoire ou la preuve quand on ruse avec le peuple

16/05/2017
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Dabaoué Audrianne KANI

Ce qui se passe en Côte d’Ivoire ne doit surprendre ni les autorités, encore moins les observateurs de la scène politique ivoirienne. Ceux qui réclament aujourd’hui leur dû à Alassane Ouattara et au pouvoir sont ceux qui les ont portés au même pouvoir. Ils ont essuyé des balles, bravés les obstacles et risqué grandement leurs vies. S’ils l’ont fait en son temps, ce n’était certainement pas pour les beaux yeux d’Alassane Ouattara. Ce n’était encore pas pour qu’il prenne seulement le pouvoir. Ils avaient des revendications et des préoccupations, pour ne pas dire des exigences. Malheureusement, s’ils sont parvenus à reprendre les armes, non pas pour demander le départ d’Alassane Ouattara, mais seulement de promesses d’argent non-tenues, il faut être d’accord qu’ils sont restés dans la légitimité. Les militaires n’ayant pas d’autres moyens de revendication que les armes, ils les ont tout simplement utilisées pour se faire entendre.

En effet, ce qui arrive aujourd’hui en Côte d’Ivoire aurait pu nous arriver ici au Burkina Faso. Certains diront que nous vivons la même situation dans une moindre mesure avec les grèves et autres manifestations à répétition qu’on enregistre çà et là. Alassane Ouattara a commis une grosse erreur dès le début de la crise. Après avoir précipitamment accepté les premières revendications des militaires, il devait savoir qu’il n’était plus question de revenir là-dessus. La seule possibilité qui lui restait c’était de négocier les modalités de paiement au regard de la crise financière liée à la baisse du prix du cacao. Au Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré l’a bien compris et n’a pas, jusqu’à présent, usé de moyens de répressions fortes pour calmer les organisations syndicales des travailleurs. Car, après la grosse erreur commise par le service intégral des revendications des personnels judiciaires, il ne pouvait que négocier, et parfois faire le dos rond, face à certaines revendications corporatistes. Mais jusqu’à quand et à quoi ces négociations pourront-elles aboutir ?

Ces deux cas de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso portent en eux deux messages clés. On ne s’amuse pas avec les acquis. Surtout quand il s’agit des fruits âprement obtenus de revendications. Ils portent en eux aussi le message qui veut que le chef doit être informé des préoccupations de son peuple et les comprendre très rapidement. Soit en leur trouvant des solutions, soit en initiant un dialogue franc et sincère avec ce peuple. Visiblement, en Côte d’Ivoire, tout porte à croire qu’on n’a  pas dit toute la vérité à Alassane Ouattara. Il a tout simplement été induit en erreur par ces soldats, sans doute téléguidés qui sont venus le voir pour dire que la troupe renonçait ; non seulement à ses revendications, mais aussi aux acquis qu’elle a obtenus après le premier coup de sang. C’est trop beau pour être vrai.

Maintenant que le pays est mélangé, il va falloir très rapidement renouer le fil du dialogue et surtout ne pas avoir honte de dire, haut et fort, qu’on s’était mal compris. C’est une grandeur d’esprit quand on reconnaît ses erreurs et encore plus quand on les corrige. C’est la seule porte de sortie qui reste à Alassane Ouattara pour sauver sa tête.

Dabaoué Audrianne KANI


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