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Jugez-le si on veut mieux le garder en prison

10/07/2017
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Le dossier Djibrill Bassolé fait encore jaser. Entre le gouvernement et le groupe de travail de l’Organisation des Nations unies (ONI) et le gouvernement burkinabè, on ne parle pas le même langage. Alors qu’après sa saisine et ses travaux, le Groupe demande la libération de Djibrill Bassolé (qui est différent du Général de gendarmerie) parce qu’il est illégalement détenu, le gouvernement du Burkina Faso, par la voix de René Bagoro, ministre de la Justice et de la Promotion des droits civiques, Garde des sceaux, explique qu’il n’en est pas le cas. Aussi, va-t-il fournir des éléments de réponse au Groupe pour mieux éclairer sa lanterne sur l’arrestation et le maintien jusqu’à nos jours de Djibrill Bassolé en prison militaire. Mieux, le gouvernement dans le sacro-saint principe de la séparation des pouvoirs, ne peut et ne veut s’immiscer dans les affaires qui relèvent exclusivement de la justice.  Cerise sur le gâteau, Sita Sangaré, directeur de la justice militaire (celle-là même qui détient et maintient Djibrill Bassolé en prison) s’étonne parce que pour lui, la décision du groupe onusien est tout simplement surprenante et injustifiée.

Autrement dit, le gouvernement (l’Exécutif) burkinabè veut faire comprendre qu’il n’est nullement lié à la détention de Djibrill Bassolé en prison. Il revient donc à la justice militaire de se justifier. Si besoin est, de dire pourquoi jusqu’à présent, Djibrill n’a jamais et ne peut bénéficier de liberté provisoire. C’est à elle aussi qu’il revient d’expliquer et surtout de motiver pourquoi jusqu’à présent, le dossier du coup d’Etat, suite auquel Djibrill a été arrêté et détenu à la Maison d’arrêt et de correction des armées (MACA), n’est pas encore jugé. Alors que plusieurs personnes, militaires et civiles, qui y sont présumées coupables et arrêtées après les faits, sont aujourd’hui en liberté provisoire.

En effet, personne, en tout cas les profanes en matière de justice, ne comprennent pas pourquoi un dossier tel que celui du coup d’Etat, qui devait relever du flagrant délit tarde à être jugé et de ce fait empoisonne autant la vie politique et porte du coup un préjudice à la cohésion et la réconciliation nationale. Un coup d’Etat a été perpétré. Tout le monde le sait. Les personnes impliquées ont été clairement identifiées puisque certaines comme le Général Gilbert Diendéré se sont mis volontairement à la disposition de la justice parce qu’il veut s’expliquer. Pourquoi donc le dossier traine-t-il tant ? Jugez le dossier, s’il le faut, pour mieux garder Djibrill Bassolé.

Dans le rapport du groupe de travail de l’ONU, ce qui choque, c’est beaucoup plus ce que ce Groupe qualifie d’incohérences de la procédure d’arrestation et de détention de Djibrill Bassolé utilisée au plan national avec les instruments internationaux en matière de justice et de droits de l’Homme. Car, si cela devait être le cas, c’est qu’il y a problème. Le Burkina Faso, le pays des hommes intègres ne doit pas en tant que tel, fouler aux pieds les conventions et instruments juridiques et de défense des droits de l’Homme au plan international auxquels il a librement souscrit. Parce que cela écorne l’image entière du pays. Et c’est ce qui est impardonnable parce qu’on se veut comme modèle en matière d’Etat de droit.

Dabaoué Audrianne KANI


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