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Le Général Gilbert Diendéré n’a-t-il pas tout dit ?

06/10/2017
00:00

Que faut-il attendre du procès des accusés du coup d’Etat du 16 septembre2015? Apparemment rien, car que ce soit Gilbert Diendéré ou Djibrill Bassolé, ils ont pratiquement déjà tout dit dans les journaux. La dernière sortie de Gilbert dans les colonnes de Jeune Afrique situe assez clairement les responsabilités des uns et des autres dans ce putsch manque qui, selon ceux qui l’ont perpétré, devait restaurer la démocratie en permettant aux exclus par la loi Shérif de se présenter aux élections. Malheureusement ou heureusement, c’est selon, une partie du peuple en a décidé autrement.

Pour sa part, Gilbert Diendéré dit qu’il n’a rien à voir avec le coup d’Etat. Il ne l’a ni préparé ni exécuté. Il a tout simplement assuré la présidence du Conseil national pour la démocratie (CND) pour limiter les dégâts. Et ce, d’autant plus qu’il avait à plusieurs reprises tenu le président Michel Kafando au courant des comportements de Yacouba Isaac Zida qui tentait par tous les moyens pour éliminer les officiers plus gradés que lui au sein du Régiment de sécurité présidentielle (RSP). Comme on le dit ici, Michel Kafando doit normalement dire quelque chose. Puisque, étant au courant des agissements de Zida de ce qui pouvait arriver, il a, volontairement (?) laissé faire. Le problème, c’était donc Zida avec la complicité du président Michel Kafando?

Blaise Compaoré n’a rien à voir non plus avec le coup d’Etat manqué de septembre. Il a tout simplement appelé Gilbert pour en savoir davantage sur ce qui se passait au pays. Point. Quant à Djibrill Bassolé qu’on continue de garder en prison, Gilbert Diendéré l’a disculpé. Lui Gilbert et Djibrill se sont vu une fois pendant cette période. Djibrill lui a tout simplement demandé de solliciter la médiation du Niger. A moins que Djibrill ait pris des initiatives personnelles à l’insu de Gilbert et des soldats du RSP. A l’analyse, on peut dire que le procès est fini. Il reste, s’il y a lieu, que les jurés militaires établissent les peines. A moins qu’il y ait quelque chose de particulièrement importante que les présumés mis en cause n’aient encore dit.

Quand on sait tout cela, on peut aisément s’interroger sur les véritables autres raisons pour lesquelles des gens sont toujours gardés en prison. N est-ce pas cela dont certains se servent pour dire qu’il s’agit tout simplement d’une détention politique? Dans tous les cas, on risque de ne pas apprendre plus de choses qu’on aurait voulu savoir sur ce coup d’Etat de septembre. Parce que tout a déjà été dit. Les présumés coupables se sont exprimés avant même que la justice ne le leur demande.

Il est vrai que la justice va toujours à son rythme. Mais quand celui-ci est trop lent, l’objectif peut ne pas être atteint. Il en est de même quand elle va trop vite aussi. D’ailleurs, à quand ce procès qui emballe plus les politiciens que les parents des victimes?

Dabaoué Audrianne KANI

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