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Le paradoxe burkinabè : on veut de Compaoré Blaise et non pas de Blaise Compaoré

10/10/2017
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Depuis l’exil de l’ex-président Blaise Compaoré au bord de la lagune ébrié suite à l’insurrection des 30 et 31 octobre 2014, son éventuel retour au bercail divise. Cela ne saurait être autrement. L’un des plus fervents, du moins le plus grand activiste en faveur du retour de l’ex-homme fort du Faso, Thibo Nana, était à Bobo-Dioulasso pour défendre son point de vue. Et il a appris à ses dépens que dans la cité de Sya, il y a des femmes et des hommes fortement opposés à cette idée. En effet, le 8 octobre 2017, le président du Rassemblement démocratique populaire (RDP), Nana Thibo était à Bobo-Dioulasso pour animer une conférence de presse pour revendiquer le retour des exilés politiques au pays, avec à leur tête Blaise Compaoré. Du reste, il a même laissé entendre que l’ex-chef de l’Etat burkinabè devrait rentrer au Faso le 14 décembre de cette année. Les deux hommes se sont entretenus récemment, le 14 septembre 2017 à Abidjan, a en croire Nana Thibo. Mais, il n’y avait pas que des journalistes à la conférence de Nana Thibo ce 8 octobre. Des farouchement opposés au retour de Blaise Compaoré dans son pays qu’il a dirigé pendant près de trois décennies, ont rejoint le président du RDP à son hôtel juste après la conférence de presse. Pour dire au président de RDP de renoncer à son initiative. Une initiative qui ne saurait prospérer ici. Car, l’ex-président à été contraint à l’exil par la population, notamment sa frange jeune. Ce groupe de jeunes a exigé le départ immédiat de Nana Thibo de Bobo-Dioulasso. Ce qu’il a fait sans broncher. Mais, au nom de quoi ou de qui, des citoyens peuvent-ils décider d’une telle chose? Ce comportement peut paraître banal. En réalité, il ne l’est pas du tout. Nous ne jugeons pas de savoir si Nana Thibo a oui ou non le droit de revendiquer le retour de l’ancien président burkinabè. Mais, nous sommes tous Burkinabè, ayant le droit de circuler et de résidence dans n’importe quelle localité du pays. Le vivre ensemble suppose l’acceptation d’idées contradictoires. Que l’ex-président Blaise Compaoré et ces anciens collaborateurs en exil décident de revenir au pays, ne devrait offusquer personne. Faut-il rappeler encore à ceux qui ne veulent pas entendre parler d’un éventuel retour de Blaise Compaoré, que ce dernier est réclamé par la justice burkinabè qui a émis un mandat international contre lui? Et c’est là tout le paradoxe burkinabè. Ces mêmes personnes estiment que la justice est lente dans le traitement des dossiers concernant le régime Compaoré. Veut-on le juger sans l’entendre? Ou alors son retour donne-t-il l’insomnie à certains puissants du moment, qui tentent d’instrumentaliser des jeunes désœuvrés? Si la jeunesse burkinabè veut connaître la vérité sur ces dossiers, il est important que les différents protagonistes dont Blaise Compaoré, puissent être entendus par la justice burkinabè. Cela est nécessaire pour consolider les bases d’une gouvernance éclairée du pays. Car, tous ceux qui viennent donner la leçon ont aussi leurs crimes d’Etat dans les tiroirs. Cette face hideuse du pouvoir d’Etat, nous ne devons pas l’occulter. Et faire croire qu’en la matière il y a des acteurs blancs comme neige, est un leurre.

Aly KONATE


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