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Tahirou Barry fait-il si peur au gouvernement ?

07/11/2017
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Tout comme on l’a fait avec Pascal Zaïda en l’arrêtant publiquement, on est en train de faire de Tahirou Barry un héros. Après donc les atteintes à la liberté de manifestation avec l’arrestation de Pascal Zaïda, c’est la liberté d’expression qui risque de prendre un coup si toutefois il est avéré qu’on a annulé l’émission « Sur la Brèche » de la TNB, à laquelle Tahirou devait intervenir. Apparemment, le gouvernement ou le pouvoir (c’est selon) est en train, progressivement, de réunir lui-même les éléments qui, si l’on n’y prend garde, risquent de faire déborder le vase. Tahirou Barry, après sa démission, a dit et écrit beaucoup sur sa page Facebook car, il doutait que le contenu de sa lettre de démission risquait de n’être jamais connu. Que du reste, tout le monde savait déjà. Les mêmes récriminations qu’il a faites, à quelques exceptions près, ont été reprises par les Organisations de la société civile, organisatrices de la marche suivie de meeting le 4 novembre à Ouagadougou. Y a-t-il du nouveau dans ce que Tahirou aurait pu dire si on lui avait donné la parole à l’émission Sur la brèche ? Certainement que non. Du coup, tout le monde veut savoir ce que Tahirou Barry voulait dire. Il n’est donc pas exclu que dans les jours à venir, il soit à la « une » de plusieurs autres organes de presse. Qui n’hésiteront pas à lui ouvrir grandement, qui leurs colonnes, qui leurs micros et qui encore leurs écrans. Ainsi, tout le monde se le rappelle, y compris les dirigeants actuels de la Télévision nationale du Burkina, que cette télévision a été expressément la cible des manifestants lors de l’insurrection populaire. Beaucoup de matériels ont été incendiés et détruits. Les manifestants en voulaient à la Télévision nationale d’être la «caisse de résonnance» du régime déchu. Même si aujourd’hui cela n’est pas le cas, cette interdiction de recevoir Tahirou Barry parce qu’il a démissionné du gouvernement, peut paraître comme une véritable atteinte à la liberté d’expression. Surtout en ce moment où va s’ouvrir à Ouagadougou les portes du Festival international de la liberté d’expression et de presse (FILEP). Les libertés des expressions et de manifestations font parties intégrantes des principes fondamentaux dans une démocratie. Si les pouvoirs en arrivent à empêcher les citoyens de manifester, de s’exprimer librement, cela voudrait tout simplement dire que la démocratie est en danger. Si tel devait être le cas, il faut craindre que le climat sociopolitique ne soit lui aussi pris en otage. Les propos de Tahirou Barry, tout comme la manifestation de Pascal Zaïda, ne peuvent en aucun cas, à eux seuls, constituer une quelconque menace sur la cohésion et la paix nationales. Au contraire, c’est en les empêchant de manifester et de parler, comme auraient voulu le faire de nombreux autres Burkinabè, qu’on porte atteinte à la cohésion sociale. Daouda Simboro, le député démissionnaire du groupe parlementaire UPC a eu accès aux médias publics. Des organisations de la société civile proches du pouvoir ont eu accès à la rue. Tahirou Barry, n’a pas eu droit aux mêmes médias publics. Pascal Zaïda n’a pas eu droit à la rue. C’est à se demander s’ils sont tous des Burkinabè et égaux devant la loi.

Dabaoué Audrianne KANI



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