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Même le niveau des forums des paysans est plus élevé

30/11/2017
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N’est-ce pas le vrai visage de notre paysque ces enfants nous ont renvoyé ? Que ce soit ce qui s’est passé dans l’amphithéâtre où Emmanuel Macron s’est adressé aux étudiants burkinabè, ou le spectacle de violence auquel on a assisté dans les rues autour de l’université pendant le même discours de Macron, tous ces deux comportements ne reflètent-ils pas le vrai visage de notre pays? En plus, les questions bien maladroites et mal conçues des étudiants, ne sont-elles pas le vrai niveau de l’éducation que nous avons donnée, tant dans les cellules familiales que dans les écoles, durant des années à nos enfants? Même l’organisation et les interventions des paysans et autres artisans, qui n’ont jamais été à l’école, sont mieux organisées et mieux coordonnées que ce qu’on nous a donné à voir ce mardi à l’Université de Ouagadougou.

Il faut prendre ce qui s’est passé avec tout le sérieux qui sied et l’analyser profondément afin que les responsabilités soient situées et que chacun assume les siennes. Pourquoi donc nos enfants se sont-ils ainsi comportés? A cette question, on peut répondre en soulignant que depuis les dix dernières années, l’incivisme a pris le dessus sur tout. Dans des écoles, des élèves ont bastonné leurs enseignants et il n’y a rien eu! Des élèves ont exigé et obtenu le relèvement de leurs fonctions, de proviseurs, de surveillants ou de censeurs parce qu’ils les trouvent méchants. Des élèves ont incendié des classes et des domiciles de leurs enseignants ou saccagé du matériel scolaire. Et il n’y a encore rien eu! C’est donc tout à fait normal que les petits enfants d’hier, qui ont grandi dans ce contexte, n’aient pas aujourd’hui de respect pour qui que ce soit.

En outre, on a fait croire aux jeunes qu’ils sont le «fer de lance» de demain et qu’ils pouvaient tout se permettre. A la limite, il faut le dire, on s’est honteusement servi de ces jeunes, les uns dans l’intention de conserver le pouvoir et les autres, dans leur volonté de le conquérir. Sans se soucier véritablement de l’avenir réel de ces jeunes. La jeunesse burkinabè n’est pas plus politisée que la jeunesse sénégalaise, ivoirienne ou gabonaise. On l’a plutôt impliquée volontairement dans les questions politiques sans lui donner les moyens de faire la politique. Si bien qu’on se retrouve avec une jeunesse très peu mûre, politiquement et même socialement.

Des manifestations, suite à l’assassinat de Norbert Zongo en 1998, à ces manifestations de mardi au cours desquelles on a brûlé les portraits de Roch et de Macron, en passant par les émeutes de la vie chère en 2008, les mutineries en 2011, l’insurrection en 2014 et le coup d’Etat manqué de 2015, c’est de la jeunesse que les hommes politiques se sont toujours servis pour assouvir leurs ambitions. Aujourd’hui, le revers de la médaille nous est servi, implacable! A chacun ses responsabilités. Ce qui est sûr, l’ordre normal n’est pas pour demain. Et ce n’est pas la simple sensibilisation qui y pourra quelque chose.

Dabaoué Audrianne KANI



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