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Haut Conseil du dialogue social : à quoi peut bien servir ce « machin » ?

10/01/2018
00:00

Créé par décret du 5mai 2017, la mise en place du Haut conseil du dialogue social (HCDS) a franchi une nouvelle étape. Avec la nomination de 55 membres, jeudi 4 janvier 2018. D’une composition tripartite(gouvernement, organisation syndicales des travailleurs et organisations professionnelles d’employeurs), le Haut conseil du dialogue social est loin de faire l’unanimité.

D’abord, l’utilité même de cet organisme est peu perceptible par les Burkinabè. Parce qu’il vient se superposer à d’autres institutions de la République, comme le Conseil économique et social (CES), le Médiateur du Faso, le Haut conseil pour la réconciliation et l’unité nationale (HCRUN). Quand on y regarde bien, les attributions de ces deux institutions sont accaparées par le tout nouveau Haut conseil du dialogue social. En effet, ce Haut conseil est chargé entre autres, de contribuer à prévention et au règlement des conflits sociaux du monde du travail; de promouvoir la concertation sur toutes questions relatives au climat social; d’œuvrer à l’élaboration d’une charte nationale du dialogue social; d’encourager le dialogue permanent entre employeurs et employés; de procéder à des études et recherches et de contribuer au renforcement des capacités des partenaires sociaux à tous les niveaux.

On comprend pourquoi «l’homme fort» de la Confédération générale du travail du Burkina (CGT-B), Bassolma Bazié est quelque peu circonspect. En effet, les organisations syndicales véritablement actives sur le front de la lutte syndicale peuvent légitimement penser que le gouvernement veut «déliter» leur combat. En créant ce «machin», pour paraphraser le général Charles de Gaulle. Un «fourre-tout» dont l’objectif inavoué serait d’annihiler l’activisme débordant des organisations syndicales, par son immobilisme et son inefficacité. Déjà qu’il y a de quoi entre le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale, Clément Pengdwendé Sawadogo et la CGT-B, sur la manière dont le ministère aurait nommé les représentants des syndicats. Sans que la plus grande confédération syndicale du pays, la CGT-B ait été consultée. De là à penser que le ministère voulait des représentants de syndicats «acquis», est un pas que certains n’hésiteront pas à franchir allègrement.

Ensuite, le fonctionnement du Haut conseil du dialogue social aura indubitablement un coût. Même si le ministre Clément Pengdwendé Sawadogo assure qu’il fonctionnera avec un budget réduit. Soit! N’empêche que le moment n’est pas opportun pour mettre en place un tel instrument dont l’utilité est discutable. Le risque d’une «année blanche» pèse sur le système scolaire. Depuis le début de cette année scolaire 2017/2018, les cours sont régulièrement perturbés. En ce moment même, les enseignants observent une grève de 72 heures, et promettent des sit-in tous les lundis et mercredis jusqu’à satisfaction de leurs revendications, au rang desquelles figurent en bonne place la revalorisation de leurs traitements et salaires. Alors que le gouvernement leur explique que les ressources du pays sont limitées. Et que le ratio salaire/recettes propres de l’Etat frise déjà les 50%, alors que la norme est de 35% dans l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA). Par conséquent, il est demandé aux enseignants de patienter. Dans ces conditions, la mise en place du Haut conseil du dialogue, peut leur apparaître comme une provocation. Le problème n’est pas le coût de son fonctionnement. C’est l’effet que cela produit dans les esprits. Surtout qu’il y a déjà suffisamment d’institutions pour prendre en charge les questions de dialogue social.

Aly KONATE


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