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Témoignage : Monsieur Bama, ainsi vous nous avez quittés !

12/01/2018
00:00

Monsieur Bama, c’est ainsi que je l’appelais depuis que nous nous sommes connus en 2000 par l’intermédiaire d’un ami commun, Mélégué Traoré. C’est en février 2001 qu’il nous rejoindra à L’Express du Faso, pour nous épauler comme Directeur de publication, compte tenu de son expérience mais surtout de sa sagesse. C’est ainsi que nous avons cheminé ensemble; bravant toutes sortes de difficultés. Il y a eu des moments où nous nous sommes inquiétés de la survie du journal. Cela fait donc 17 ans. Alors que L’Express du Faso s’apprête à célébrer son 20e anniversaire en octobre prochain, Monsieur Bama a tiré sa révérence. Calmement, comme il l’a toujours été, dans toutes les épreuves.

Les derniers moments. Le samedi 6 janvier, toute l’équipe de L’Express du Faso était en rencontre annuelle d’évaluation et de nouvelles perspectives. La veille de cette rencontre, Monsieur Bama m’a dit dans son bureau qu’il devait prendre part à une messe anniversaire d’un décès dans son voisinage. Il voulait s’excuser parce qu’il ne pouvait prendre part à la rencontre. Néanmoins, il pouvait venir participer au début, se retirer par la suite et revenir après. Je lui ai dit qu’il n’y avait pas de problème et que je l’excuserai auprès de mes collègues. Le samedi matin, Monsieur Bama est arrivé au bureau avant moi-même, pour une rencontre qui devait débuter à 8 heures. Malheureusement, cette heure n’a pu être respectée. Si bien qu’à quelques minutes de 9 heures (heure prévue pour la messe) Monsieur Bama s’est excusé avec la promesse de revenir. Je n’étais pas content parce que pour moi, c’est lui le Directeur de publication ensuite, c’est lui le régulateur. Pour une rencontre aussi importante, sa présence n’était pas à négocier. Au cours de la rencontre, j’ai dit aux collègues que le lundi, j’allais en discuter avec lui. Lundi, je ne lui ai rien dit de tout cela. Mardi non plus.

Revenons à la rencontre de samedi. Aux environs de 12 heures, alors que la rencontre était finie et que nous nous apprêtions à partager le repas qui était prévu, la voiture de Monsieur Bama entre dans la cour. «Kani, on a fini», m’a-t-il dit. J’ai répondu que nous aussi nous avions fini et que tout s’est bien passé. Il a partagé le repas avec nous, dans la convivialité. Il a bu son Dafani et nous nous sommes quittés après la photo de famille.

Le lundi 8 janvier, Monsieur Bama était au bureau. Nous avons échangé sur plusieurs questions. Le mardi 9 janvier 2018, Monsieur Bama était au bureau. En fin de matinée quand je suis arrivé, je suis rentré lui dire bonjour dans son bureau. Peu de temps après, je suis ressorti. Nous ne nous sommes plus revus. Nous ne nous reverrons plus. Le soir, il est revenu au bureau croyant que le correcteur ne viendrait pas. Il est longtemps resté avec les journalistes qui étaient encore présents à la rédaction et les opérateurs de mise en pages. Puis, il est rentré pour ne plus revenir.

Le mercredi 10, il a fait appeler pour dire qu’il ne se sentait pas bien et qu’il était sous perfusion. Dans la soirée, au moment où nous bouclions l’édition du jour, Edgar, son fils est venu me voir à la rédaction: «Chef Kani, ce n’est pas une bonne nouvelle que je vous apporte, Papa nous a quittés». Ainsi, calmement, pour toujours.

C’est ce mercredi 10 janvier, quand on m’a annoncé son décès, que j’ai compris pourquoi il a fait tout cela. D’abord avec les voisins, il voulait marquer sa disponibilité. Avec la Rédaction, il a partagé les derniers moments; la convivialité, le dernier repas et la dernière photo de famille.

Monsieur Bama, reposez en paix

Pour toujours

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