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Karangasso-Vigué, tout est encore réuni pour un affrontement !

09/02/2018
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Il n’est pas du tout exagéré de dire que tous les ingrédients sont réunis pour (encore) un affrontement à Karangasso-Vigué, ce village dont la commune porte le nom, dans la province du Houet et situé à une quarantaine de kilomètres, au Sud-Ouest de Bobo-Dioulasso. Là où le chef de canton, Bamory Ouattara dit NON aux Koglwéogo, le maire de la commune, Saïdou Sana dit OUI aux mêmes Koglwéogo. A la différence que lui n’est pas contre les Dozo, mais demande qu’entre Dozo et Koglwéogo, il y ait entente. Tout en sachant qu’ils ne peuvent ni s’entendre ni cohabiter. Si le maire ne contredit pas le chef auquel il ne s’oppose pas, les deux ne parlent pas du tout le même langage. On a encore en souvenance que le mercredi 4 janvier 2017, les chefs des 23 villages de Karangasso-Vigué avaient tenu une Assemblée générale sur la situation des Koglwéogo dans le département. Quand trois groupes de Koglwéogo s’y étaient installés alors que les populations avaient bel et bien refusé leur présence dans les villages. L’Assemblée générale avait donc pour but de leur rappeler ce refus. Ainsi, il leur avait été donné un délai d’un mois pour dissoudre les groupes et quitter les lieux.

A Makognédougou, dans la commune de Koumbia, où ils s’étaient également installés avec la complicité de Boukary Kaboré dit «le Lion», le ministre de la Sécurité, Simon Compaoré, était obligé de descendre «dare-dare» pour calmer la tension qui était très vive. On était, comme dirait l’autre, à deux doigts de l’affrontement. Depuis, on recherche vainement les traces du Lion.

On se rappelle également que les chefs des cantons du Grand Ouest (Dédougou, Gaoua, Léraba, Bobo-Dioulasso) s’étaient retrouvés à Bobo-Dioulasso autour du chef de canton pour signifier publiquement leur refus à l’installation des Koglwéogo dans la zone. A la même occasion, ils avaient dit leur soutien total et sans réserve aux Dozo qu’ils reconnaissent comme seule organisation d’auto-défense aux côtés des forces de défense et de sécurité pour lutter contre le banditisme. Du reste, les Koglwéogo ne sont pas dans les habitudes culturelles à l’Ouest.

Si malgré tous ces refus des populations et mises en garde, il se trouve des individus qui persistent pour installer des Koglwéogo dans des localités, c’est qu’ils sont animés de mauvaises intentions. Dans ce cas, les autorités, quelles qu’elles soient, ne doivent en aucun cas être tolérantes. Parce que tout simplement, à Karangasso-Vigué, la cohésion sociale et de la paix sont véritablement menacées. En plus de la vive tension sur l’installation des Koglweogo, il y a la question toujours latente des terres. Autour de laquelle il y a déjà eu des affrontements. Il y a aussi, la question politique qui revient chaque fois que s’annoncent des élections locales. Il y a déjà eu également des affrontements entre populations allogènes et autochtones suite à l’élection du maire de la commune.

Malheureusement, l’autorité ne résoud pas toutes les questions. Elle ne fait que les déplacer. En attendant que les populations s’affrontent encore? Ce dont on n’est pas loin. Dommage!

Dabaoué Audrianne KANI



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