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Le problème, ce ne sont pas seulement les Koglwéogo

12/02/2018
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Si dans plusieurs localités de l'Ouest on ne veut pas entendre parler de l'installation de ces groupes d'autodéfense, ce n'est pas seulement le fait Koglwéogo. L'alibi des exactions ou encore le fait culturel qu'on évoque ne sont en réalité que ce qu'on peut en dire.

En effet, lorsque les Dozo se retrouvent autour des chefs de cantons de l'Ouest Burkina pour marquer ensemble leur territoire, les Koglwéogo se retrouvent autour du Mogho-Naaba. Même si on peut dire que c'est la toute première fois que cela a eu lieu (NDLR : ce samedi 10 février au palais de sa Majesté à Ouagadougou). Où des centaines de Koglwéogo, venus des quatre coins du pays, se sont retrouvés pour ce qui s'apparente à une force de démonstration. Le cas de Karangasso-Vigué a été abordé. Le chef des Koglwéogo de cette localité y a déclaré que si le chef de canton de Karangasso-Vigué, le Haut-commissaire de la province du Houet et le Président national des Dozo peuvent assurer leur sécurité et celle de leurs biens, ils cesseront leurs activités. Tout en sachant que ni le Haut-comm, ni le Président Aly et le chef de canton ne peuvent assurer leur sécurité. Autrement dit, le chef des Koglwéogo met à nu ce que tout le monde sait : la défaillance de l'Etat en matière de sécurité des populations et de leurs biens.

En outre, ce n'est pas le seul problème. Karangasso-Vigué, pour tout dire n'est que le reflet, ou encore le «condensé» de tous les problèmes qui minent pratiquement toutes les localités à l'Ouest du Burkina. Même si officiellement on ne veut pas en parler pour l'instant, tôt ou tard, il faudra le faire et y trouver des solutions. Ce sont entre autres des plus préoccupants, la question de l'occupation des terres entre autochtones et allogènes ; les questions politiques où les allogènes, souvent plus nombreux, veulent occuper les premiers postes de responsabilités au détriment des autochtones. Sur le plan économique, il y a le fait que le plus souvent, ce sont les mêmes allogènes qui détiennent le pouvoir. Parce que plus entreprenants. Ce qui crée naturellement (et c'est malheureux) des frustrations dans les milieux des autochtones.

Face à ce qui apparaît comme de l'envahissement, se développe de plus en plus, au sein des populations autochtones de l'Ouest un sentiment normal de protection, de sécurisation des terres et des pouvoirs locaux traditionnels face au pouvoir de la démocratie qui, à n'importe quel moment, peut leur échapper. C'est le cas à Karangasso-Vigué et dans bien d'autres localités à l'Ouest. Alors qu'ailleurs, cela est inimaginable, principalement au Nord et au Centre.

Malheureusement, les pouvoirs publics, qui ont l'art de «déplacer les problèmes» au lieu de les résoudre semblent insensibles. La réforme foncière n'est pas appliquée ou l’est mal ; les politiciens à la conquête du pouvoir élu se servent maladroitement des disparités entre autochtones et allogènes. Tout en sachant que tôt ou tard, ça va «péter»!

Dabaoué Audrianne KANI



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