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Sita Rébecca Soulama,« Foyer d’assistance maternelle » : « Je suis fière de la femme burkinabé…»

13/02/2018
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Former et placer les aide-ménagères, elle en fait son affaire. Elle, c’est madameSitaRébeccaSOULAMA. Mariéeet mère de 2 enfants, elle crée en 2013 le «FOYER D’ASSISTANCE MATERNELLE» qui est spécialisé dans le recrutement, la formation et le placement d’assistantes maternelles au profit des familles.A 39 ans, elle ambitionne faire des formations diplomantes de courtes durées, sanctionnées par un certificat de qualification professionnelle.

 

Vous pouvez nous parler de votre enfance ?

Benjamine de ma famille j’aimais me rendre utile et entreprendre. Très tôt, commerçante, j’ai vendu des légumes, des fruits, des tubercules, de l’eau à boire au marché de dimanche à Banfora. J’ai appris auprès de maman, artisane de vans, à confectionner comme elle, faisant de petits vans à vendre à la gare de trains voyageurs.

J’aime relever les défis, gagner et surtout, me distinguer des autres. Au collège des filles, j’étais seule à apprendre le point de tricot le plus difficile à réaliser pour tricoter toute une layette; idem pour l’écharpe que j’ai réalisée avec le crochet.

 

Parlez-nous d votre parcours scolaire

J’ai fait tout mon cursus scolaire à Banfora du CP1 au CM2 à l’école mixte/ centre C ; de la 6ème à la 5èmecollège Sainte Thérèse, de la 4ème au BAC au lycée Municipal de Banfora. Ensuite à la faculté de droit qui est devenue après l’année invalidée l’UFR SJP, d’où je suis sortie avec une maitrise en droit option «droit des affaires». Enfin, j’ai fait un diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) «en ligne» en droit des Techniques de l’information et de la communication (TIC) avec l’université Gaston Berger de Saint Louis au Sénégal et la collaboration du Campus numérique de l’Agence Universitaire de la Francophonie.

 

Vous excellez dans quel domaine ?

Je suis juriste consultante indépendante de PME PMI et entrepreneure par passion. Je mène un combat dans le domaine du personnel de maison.

 

Pourquoi ce choix ?

J’ai été poussée par le désir de professionnaliser le domaine à la suite d’une expérience personnelle. A 27 ans, maman est à la recherche d’emploi; je ne voulais en aucun cas faire le choix de «mère au foyer», comme nombre de femmes dans mon cas.J’ai demandé une aide au village et on m’envoyé une très jeune fille de 13-14 ans. Je voulais pouvoir me libérer et aller chercher du travail. Mais très vite, j’ai été désenchantée par son incompétence et son manque d’enthousiasme à m’aider dans ce rôle. Il m’était difficile de lui laisser mon enfant pour m’absenter. Cela a créé cette réflexion en moi: pourquoi rester dans les sentiers battus? et si je cherchais à apporter une touche de professionnalisme dans ce domaine? cela soulagerait les mamans, car je suis convaincue qu’une mère serait capable de tout pour le bien-être de son enfant, pourvu qu’elle soit rassurée en étant à son travail. Les hommes ne sont pas encore disponibles pour se mêler de nos «casseroles».

 

En quelle année avez-vous créé votre entreprise? Qu’est-ce que vous y faites exactement comme activités?

Pour professionnaliser, nous recrutons des personnes majeures, nous les formons et les «plaçons», tout en veillant à respecter la législation en matière sociale (volumes horaires de travail, temps de repos, sécurité sociale). C’est ainsi qu’en fin 2013 le «FOYER D’ASSISTANCE MATERNELLE» a été mis en place et spécialisé dans le recrutement, la formation et le placement d’assistantes maternelles au profit des familles. L’équation la plus embarrassante pour la femme n’est pas le ménage et la cuisine; ce qui la handicape mais en même temps qui lui donne plus de sens à sa vie et est source de joie inouïe pour elle, c’est la maternité. Il fallait donc commencer par cette solution qui la soulagera plus.

 

Sur quelles aides avez-vous reçu des fonds pour ouvrir vote entreprise ?

J’ai démarré sur fonds propres, en menant des enquêtes sur le terrain, en recrutant et organisant des sessions de formation des assistantes maternelles pour commencer les premiers placements.

 

Est-ce un secteur porteur ?

Je suis classée dans la catégorie d’entreprise sociale. C’est dire ici que l’entrepreneure est plus poussée par le désir de résoudre un phénomène social que de se faire des chiffres d’affaires. Pourtant, il faut, que l’entreprise soit viable (c’est là tout le challenge). Sinon, la demande est là. Tous les jours, je reçois des demandeurs de personnel de maison et tous les jours aussi, je reçois des demandes d’emploi mais, ni les familles ni les agents ne sont satisfaits.

 

Avez-vous des employés ? Si oui, combien ?

En tant qu’intérimaire, les agents placés sont nos employés; j’ai eu à atteindre la barre de 25-30 agents de maison embauchés avec 4 agents de bureaux. Aujourd’hui, avec l’expérience du placement et les difficultés rencontrées, il fallait repenser le modèle économique; je me suis donc focalisée dans la formation continue des aides familiales (formation de nounous, de personnels de crèche, d’aide-ménagères, d’auxiliaires de vie, d’assistance/accompagnement aux personnes âgées, malades et / ou «dépendants». C’est après une étude sociologique menée dans les ménages de Ouagadougou sur le comportement des employeurs et employés de maison, qu’on est parvenu à la conclusion que le métier n’était pas valorisé comme tel. Nos formations sont des temps de sensibilisation et de «coaching» personnalisé à domicile. Avec une superviseure et une chargée de communication, nous faisons appel à des consultants externes pour nos formations.

 

Rencontrez-vous des difficultés ?

C’est un domaine où il faut beaucoup mener des actions de sensibilisation au niveau des familles et des agents. Quand nous étions axées sur le placement, la principale difficulté, c’est le coût pour les formations; nous n’avons pas de prise en charge ou subvention pour former. Avec le nouveau modèle économique, les formations étant payantes, et il reste à convaincre les familles.

 

Y-a-t-il de la concurrence?

Il y a de plus en plus des initiatives privées, visant à apporter des réponses aux problèmes d’aides de maisons. Il y a des structures étatiques qui forment les aides-familiales, des associations et structures qui offrent des formations tournées vers les personnes vulnérables. Nos offres visent surtout à inciter les familles (employeurs) à penser à professionnaliser leur personnel.

 

Quelles sont vos perspectives?

Nos perspectives sont de pouvoir faire des formations diplomantes de courtes durées (3 à 6 mois en cours du jour/théorie plus pratique) sanctionnées d’un certificat de qualification professionnelle (CQP).

 

Un mot sur l’actualité nationale?

Sur l’actualité nationale, je suis inquiète par le Burkina Faso de l’après insurrection: le manque de patience, le manque de pardon, les justiciers autoproclamés et surtout, le phénomène de «tout le monde connait et veut diriger». Alors que ce n’est pas possible. En tant qu’entrepreneure, chaque jour est un combat pour se réaliser et espérer une relance de l’économie; alors, il faut que chacun s’y donne. l’Etat ne peut pas tout faire et c’est tout le monde qui est l’Etat: c’est toi, c’est moi! Joues-tu ta part? En tant que juriste, je suis formaliste, respectueuse des procédures; ce que le burkinabé a du mal à comprendre. Enfin, en tant que croyante, je sais que Dieu aime le Burkina Faso; rendons lui juste cet amour en nous aimant les uns les autres pour un BURKINA riche de paix.

 

Un mot de fin?

En dernier mot, je puis dire que je suis fière de la femme burkinabè qui, de plus en plus, apprend à se battre, à se valoriser et à refuser de s’apitoyer sur elle-même, la main toujours tendue vers autrui. Etre la mère, l’épouse, la maîtresse de maison et la femme dans la société, c’est cela l’émancipation pour moi.

Aïcha TRAORE



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