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Reprise des lotissements, la « boîte à pandore » est bien ouverte…

13/02/2018
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Le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Siméon Sawadogo et le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, Dieudonné Bonané, ont délivré des autorisations spéciales de lotissements à 55 communes rurales qui n’en ont jamais connus. Si cela est à féliciter car il faut nécessairement procéder à l’aménagement du territoire, surtout dans la perspective d’un développement local véritable, il faut tout de suite se convaincre de ce que ces autorisations viennent ouvrir une véritable «boîte de pandore». Car, lorsqu’on parle de lotissements, tout le monde se sent concerné. Il ne sera donc pas étonnant que dans les jours à venir, des populations, même dans des villes urbaines qui ont connu plusieurs lotissements, manifestent pour exiger soit des lotissements, soit la régularisation de leur situation. Conformément à ce qu’on appelle passif foncier au ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat.

Mieux que cela, les populations risquent de revendiquer parce qu’en lieu et place des lotissements qu’on connaît habituellement, il y a comme une sorte de lotissements qui ne disent pas leurs noms qui se réalisent. Et qui malheureusement, ne sont pas accessibles aux couches pauvres. Ce sont notamment ces agences immobilières qui prennent directement contact avec des propriétaires terriens et avec l’accompagnement des services techniques et des autorisations locales, font construire des habitats. Qu’ils soient économiques ou sociaux ou de «haut standing», il faut tout de suite faire remarquer que ces habitats ne sont pas accessibles à la majorité des Burkinabè.

Par ailleurs, il y a cette épineuse question des non-lotis ou «habitats spontanés». Si les premiers ont été «sauvagement» construits, ce n’est plus le cas depuis ces dernières années. En effet, au lieu de construire anarchiquement, des propriétaires terriens font appel à des techniciens pour procéder au bornage de leurs terrains. Ils suivent ensuite toute la procédure de jouissance. Quand tout cela est fait, ils «parcellent» ensuite le terrain ainsi obtenu puis enfin, ils en vendent celles ainsi obtenues. Ne sont-ce pas des lotissements? Ces parcelles ne seront-elles pas reconnues?

Bref, les questions de lotissements, (ou de terre en général), constituent aujourd’hui une véritable bombe à retardement. Que ce soit dans les zones urbaines ou rurales. Car au Burkina Faso, on a compris depuis un certain temps que la terre constitue un véritable trésor. Autrement dit, celui qui n’a pas de terre n’a rien. Si bien que certains, qui ont déjà vendu leurs terres, veulent les récupérer. Ceux qui ne les ont pas encore vendues travaillent à les sécuriser pour eux et leurs progénitures.

Il n’est donc pas évident que même dans les communes qui n’ont jamais connu de lotissements, et pour lesquelles des autorisations spéciales ont été accordées, il y ait des problèmes. Car, «les mêmes causes produisant les mêmes effets», les nouveaux riches iront racheter aux populations pauvres leurs terrains lotis. Y construiront des habitats qu’ils tenteront de leur revendre à prix d’or. Ainsi, vont de nouveau naître d’autres problèmes car ils considéreront par la suite qu’ils ont été spoliés de leurs terres. Tant que les textes en matière de foncier ne seront pas expliqués et appliqués correctement, le problème foncier sera la cause d’une prochaine insurrection très probable.

Dabaoué Audrianne KANI



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