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Benoît Traoré, instituteur à Kangala : Accusé et acquitté, il court derrière son salaire depuis décembre 2017

12/04/2018
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Directeur de l’école primaire publique de Kangala «B» dans la province du Kénédougou, Benoît Traoré semble être victime d’une cabale montée de toutes pièces pour le détruire. Parce qu’il a des rapports de travail difficiles avec une institutrice nouvellement affectée dans son école.

 

Les accusations objets de la plainte d’Aminata Ouédraogo, institutrice adjointe certifiée, contre son directeur d’école, sont graves. Elle l’accuse d’atteinte à la pudeur et de harcèlement sexuel dont elle serait victime. Un premier procès a eu lieu le 22 décembre 2016 au Tribunal de grande instance (TGI) de Orodara. Ce jugement en premier ressort de la Chambre correctionnelle du TGI de Orodara, déclare Benoît Traoré coupable des faits à lui reprochés, et le condamne à une peine d’emprisonnement ferme de 12 mois, et aux dépens. Il est aussitôt déféré en prison à Orodara, puis à être transféré à celle de Bobo-Dioulasso.

Du fond de sa cellule, le désormais ex-directeur, fait appel de ce premier jugement. L’audience en appel a lieu le 24 avril 2017 à la Cour d’appel de Bobo-Dioulasso, et le délibéré mis au 29 mai 2017. Et voilà ce qui tombe comme verdict:

 

Encadré tramé sur une colonne

«La Cour, statuant publiquement, contradictoirement en matière correctionnel et en dernier ressort;

1°) déclare l’appel recevable;

2°) infirme le jugement attaqué en toutes ses dispositions;

Statuant à nouveau:

- Relaxe le prévenu TRAORE Benoît pour infraction non-constituée;

- Mets les dépens à la charge du Trésor Public».

 

La mention «dernier ressort» suggère qu’il n’y a pas d’appel possible. Monsieur Traoré peut souffler un «ouf» de soulagement. Mais, quelle ne fut sa désagréable surprise, lorsqu’il va toucher son salaire de novembre 2017, «je trouve que les indemnités ont été suspendues, le salaire de base divisé en deux. C’est une moitié qu’on me sert. Je suis sous prêt, et la banque coupe ce que je lui dois. Je n’ai rien pour vivre». Le 13 décembre 2017, il adresse une demande à son ministère, via la Direction régionale de l’Education nationale et de l’Alphabétisation (DRENA) des Hauts-Bassins. Une demande qui aurait été transmise depuis belle lurette. Le 1er février 2018, Monsieur Traoré frappe à la porte du Substitut du Procureur général. Par bordereau d’envoi N°095/2018 MJDHPC/CA-B/PG, celui-ci adresse un avis de relaxe au MENA, au ministère des Finances et à celui de la Justice. Ceci, pour que le salaire de Monsieur Traoré puisse être rétabli avec diligence. Mais, jusqu’au moment où nous tracions ces lignes, Benoît Traoré n’était toujours pas rétabli dans ses droits. Pour quelle raison?

Un climat délétère

C’est en novembre 2015 qu’Aminata Ouédraogo «atterrit» à l’école primaire publique Kangala «B». Selon Traoré, le climat de travail se détériore entre lui, directeur, et la nouvelle venue.

«Un jour, je suis arrivé à l’école vers 14h 40mn, après un entretien avec le préfet. Tous les enseignants étaient dans leur classe avec leurs élèves. Je suis entré dans mon bureau pour rédiger une correspondance. Quelques minutes après, j’ai entendu les cris d’un élève. Comme tous les enseignants étaient à leur poste, je me suis dis qu’il n’y a pas de danger et j’ai continué à rédiger la correspondance. Mais, comme les pleurs étaient insistants, je suis sorti. J’ai vu que c’était une fillette de 6 à 7ans, une élève de CP1, que la maîtresse (ndlr: Aminata Ouédraogo) avait mise au soleil. Et elle était en train de pleurer. Or, le châtiment corporel outrancier est interdit. Je suis allé dans la classe et j’ai demandé à la maîtresse qu’il était préférable de laisser l’enfant rentrer dans la classe. Et suis retourné dans mon bureau. Quelques minutes plus tard, j’ai compris qu’elle ne voulait pas obtempérer. Je suis ressorti et j’ai appelé l’enfant pour l’asseoir au bureau. C’est là que la maîtresse a fait irruption dans mon bureau. Je lui ai indiqué la place pour s’asseoir, elle ne m’a pas répondu. Je lui ai dit de «tenir compte de l’âge des enfants, sinon vous risquez des les…»je n’ai pas eu le temps d’ajouter le mot «blesser», qu’elle fait demi-tour pour sortir. Je l’ai suivie pour lui dire que c’est dans un cadre administratif, et pour la bonne marche de l’école. Nous sommes dans un service, si vous posez des actes qui entraînent des problèmes, je serai obligé de répondre». Cela se serait produit vendredi 15 avril 2016.

Trafic d’influence et abus de pouvoir?

Dès lundi 18 avril 2016, l’inspecteur se rend dans l’école, pour entendre les deux parties et les autres collègues. A la suite, l’inspecteur et l’équipe d’encadrement décident de muter Aminata Ouédraogo. Elle n’entend pas respecter cette décision, surtout qu’elle prétendrait être en relation avec des personnalités administratives et éducatives de la province du Kénédougou.

Autre incident entre les deux. Un soir, le directeur constate qu’Aminata Ouédraogo est partie chez elle, sans fermer les fenêtres et la porte de la classe, alors que sa décision d’affectation était sortie. Le directeur les ferme et boucle la porte avec un cadenas qu’il avait dans son bureau. «Le lendemain, il n’y avait pas cours pour fait de grève. Le surlendemain était jour férié», dit Benoît Traoré. La classe est donc restée fermée tout ce temps.

Le matin du troisième jour, l’inspecteur demande au directeur de passer à son bureau avant d’aller à l’école. Leur entretien a été long. Entre temps, Aminata Ouédraogo arrive à l’école, trouvant la porte bouclée. «Au lieu de se référer à l’inspecteur ou au préfet, elle a appelé directement un responsable administratif à Orodara, pour dire que j’ai fermé la classe pour l’empêcher d’y rentrer. A la suite, ordre est donné au préfet de Kangala de me demander une lettre d’explication. Quand ils ont reçu l’écrit, ils ont vu qu’ils ne pouvaient me punir d’aucune manière», explique le directeur. Contre toute attente, le 11 mai 2016, le préfet, accompagné de la police, se rend à l’école pour expulser la dame Ouédraogo. Devant le préfet et les deux policiers, elle aurait proféré: «vous avez gagnez la bataille, mais pas la guerre. Je m’en vais voir la DPENA». Est-ce la goutte d’eau qui a fait déborder le vase? Toujours est-il que, le 13 mai, soit deux jours après ces faits, Aminata Ouédraogo portait plainte devant le procureur du Faso près le TGI de Orodara contre Benoît Traoré.

Aly KONATE

alykonat@yahoo.fr



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