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Aurons-nous vraiment à manger à notre faim ?

09/05/2018
00:00

La production céréalière a connu une baissede près de 11%, soit ..... tonnes. Sur les 45 provinces que compte le pays, 22 sont déficitaires, 8 sont en équilibre et 15 sont déclarées excédentaires. Ce qui ne suffit pas pour nourrir les Burkinabè en attendant la prochaine campagne (2018-2019). Si bien que le gouvernement a été obligé, par le truchement du ministère de l’Agriculture et des Aménagements hydrauliques, de prendre des mesures pour pallier à ce déficit céréalier. Plusieurs mesures dont la subvention des prix des céréales, certaines distributions gratuites, des aides financières, des subventions de matériels agricoles sont prévues. Ce qui démontre à souhait que le gouvernement prend très au sérieux la question. Puisque, pour la campagne suivante, l’une des préoccupations du gouvernement sera la maîtrise de l’eau. Malheureusement, ce refrain a longtemps été entendu sans de véritables résultats sur le terrain.

La maîtrise de l’eau passe par la réalisation, à minima, de retenues d’eau. Malheureusement, de nombreuses grandes productions ne disposent pas de retenues d’eau. Autrement dit, pendant longtemps, on a pensé qu’il fallait investir dans les zones où il pleut peu pour retenir l’eau. En oubliant que certaines de ces zones ne sont pas des zones de productions céréalières. Il n’est un secret pour personne que le Nord et le Sahel abritent le plus grand nombre de barrages au Burkina. Alors que ce ne sont pas des zones de grandes productions céréalières. La plupart des provinces déficitaires se trouvent aussi dans cette partie du pays. A quoi servent donc ces retenues d’eau? D’ailleurs, s’il ne pleut pas assez, ces retenues d’eau dans ces zones arides ont très peu de chances de garder pendant longtemps de l’eau pourque des producteurs puissent s’en servir en saison sèche.

C’est pourquoi, s’il faut maîtriser l’eau afin de pouvoir s’en servir, il faut le faire là où elle se trouve! A côté de nous, la vallée du Kou manque d’eau pour la production de riz. Des parcelles entières sont desséchées et les producteurs sont partis, pour ceux qui le peuvent encore, sur les sites d’orpaillage. Et pourtant, il suffisait de maîtriser l’eau qui coule naturellement de source à la Guinguette pour non seulement maintenir la production de riz, mais aussi travailler à son accroissement. Malheureusement, c’est tout le contraire qui se passe actuellement. Question de bon sens!

Ailleurs, les productions ne se font pas en tenant compte de la pluviométrie que personne ne peut véritablement maîtriser. Même dans les pays les plus développés en la matière. Si bien qu’on maîtrise l’eau pour produire quand on veut. Au Burkina Faso, ce sont les mannes des ancêtres et le bon dieu qu’on prie dans l’espoir d’avoir de bonnes pluies afin d’avoir à manger à sa faim. Il n’est donc pas étonnant, avec les changements climatiques, que nous n’ayions pas à manger un jour. La question se pose déjà en cette année. Car, même si on aura à manger, il est presque sûr que les prix des denrées vont augmenter. Les revenus moyens pourront-ils supporter? Toute la question est là.

Dabaoué Audrianne KANI

 



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