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Burkina Faso, le pays des mille grèves et mouvements sociaux !

14/05/2018
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Jamais le Burkina Faso n’a connu autant de grèves, de mouvements sociaux au cours des deux dernières années. Dans pratiquement tous les secteurs d’activités, la grève est en passe de devenir un effet de mode. Tous les travailleurs semblent vouloir y goûter. Malheureusement, le phénomène est loin de prendre fin.

Les administrateurs, secrétaires généraux et autres annoncent des mouvements dans les jours à venir. Autrement dit, ils reprennent leurs mouvements parce qu’ils estiment que le gouvernement n’a pas répondu favorablement à leurs revendications. Les travailleurs de l’Enseignement de base menacent eux aussi parce que le gouvernement tarde à opérationnaliser les engagements qu’il avait pris avec eux. A l’Action sociale, ce sont les mêmes menaces d’observation de grève pour des revendications de meilleures conditions de travail et de vie. Au ministère de l’Agriculture, alors que le ministre se bat pour juguler la crise alimentaire suite à la baisse de la production, les travailleurs vont en grève et comme l’un des points de revendications, ils exigent des intrants agricoles de qualité et de meilleurs prix. Comme s’ils voulaient joindre à leur cause les producteurs.

Dans les localités abritant des sociétés minières, les mouvements sociaux se succèdent, sont de plus en plus nombreux et prennent des formes de plus de plus violentes: blocage des routes, incendies de pneumatiques et de véhicules appartenant aux sociétés minières, menaces verbales ou physiques sur des travailleurs de ces sociétés... Obligeant parfois les Forces de défense et de sécurité à intervenir et à arrêter des manifestants. Si tout cela indique que le droit à la grève, le droit à la revendication est réel, il n’en demeure pas moins que les uns et les autres doivent savoir raison gardée. Dans l’administration, il est avéré que l’impact négatif des grèves sur le ralentissement des activités est important. A la limite, ces grèves ont des effets négatifs sur les activités économiques pour ne pas dire sur le développement d’une façon générale du pays. Ce qui ne constitue pas en réalité une bonne chose. Car, si on revendique de meilleures conditions de vie et de travail, on doit pouvoir produire les fruits qui permettent de répondre à cette revendication. Malheureusement, cela a toujours été le contraire.

Quant aux mouvements des populations dont les régions abritent des sociétés minières, il est indéniable que ces troubles, si on peut les considérer comme tels, ne rassurent pas du tout les investisseurs et ont de ce fait un impact, lui aussi, négatif sur l’activité minière. Une mine d’or ne peut à elle seule résoudre toutes les difficultés dans une zone donnée. Autant elle ne peut offrir de l’emploi à tout le monde, autant elle ne peut non plus résoudre définitivement les questions d’accès à l’eau potable, à la santé et à l’éducation. D’ailleurs, elle a une durée de vie. Il faut donc refuser la poule et ses œufs au risque de manquer un jour, définitivement, de volaille.

Denis Dafranius SANOU



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