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Grève des agents des Finances, le gouvernement passe à l'offensive

06/06/2018
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Ce n'est plus un secret pour personne. Le gouvernement a décidé de passer à l'offensive contre la coordination des syndicats du ministère des Finances, de l'Economie et du Développement. La, preuve a été donnée hier mardi 5 juin au cours du point de presse donnée par les ministres Rosine Sory Adizatou, Séni Ouédraogo et Rémis Fulgence Dandjinou. Respectivement ministre des Finances, del'Economie et du Développement ; de la Fonction publique ; et de la Communication et des Relations avec le Parlement, Porte-parole du gouvernement.

Si le ton jusqu'à présent était quelque peu modéré, cette fois-ci ce ne fut pas le cas. Les trois ministres n'ont pas hésité à mettre complètement «les pieds dans les plats». D'abord en dénonçant ce qui s'apparente à une «mauvaise foi» des syndicats qui veulent tout pour eux seuls et rien pour les autres Burkinabè. Pourtant, les plus nombreux. C'est ainsi que Rosine Sory n'a pas hésité à voter Thomas Sankara qui disait en 1987 qu'il y a le choix à faire entre donner de l'eau potable à tous les Burkinabè et donner du champagne à quelques privilégiés. En la matière, le choix est vite fait.

En effet, les intentions du gouvernement sont claires. Rester dans la légalité absolue tout en faisant croire à l'opinion nationale que les syndicats exagèrent dans leurs revendications.Autrement dit, entre le gouvernement et les syndicats, chacun semble avoir choisi la voie de la guerre de l'opinion. Malheureusement, ni l'un ni l'autre camp ne nous explique exactement les raisons véritables pour lesquelles ils campent respectivement sur leurs options. Les organisations syndicales n'ont pas dans leur plate-forme de revendications portant clairement sur des questions salariales ni sur des avantages financiers particuliers. Mais le gouvernement fait croire le contraire et présente la situation comme telle. Ce que les organisations syndicales ne tarderont pas à dénoncer s'ils ne l'ont pas déjà fait.

En vérité, tout cela cache bien des intentions que ni le gouvernement, ni la coordination syndicale des agents des finances ne veulent expliquer clairement aux Burkinabé. Mais tout porte à croire qu'il s'agit soit d'histoire de "gros sous” et d'avantages que chacun veut préserver, soit de «course au pouvoir». Sinon, comment comprendre que des gens qui luttent pour le développement du même pays, quels que soient les chemins empruntés, ne puissent s'entendre sur l'essentiel. Quand il s'était agi de signer leur premier protocole, qui de l'opinion avait-on pris à témoin ? On a voulu prendre soin de garder les Burkinabé volontairement à distance. Aujourd'hui que rien ne va, ce sont les mêmes Burkinabé qu'on ne voulait pas informer, que chacun veut prendre à témoin! Le peuple n'est pas dupe et il saura faire son choix. Dans tous les cas, ni les agents des Impôts et des Finances, ni le gouvernement ne peut le prendre indéfinitivement en otage. Tous les pouvoirs et toutes les organisations corporatives qui ont tenté l'ont appris à leurs dépens.

À moins que dans les jours à venir, les uns ou les autres n’expliquent davantage leurs positions afin que les Burkinabè comprennent qu'effectivement elles prennent en compte leurs légitimes préoccupations. Au cas contraire, il n'est pas exclu que dans les jours à venir, ce soit le peuple lui-même qui prenne la relève de la lutte. Contre l'un ou l'autre, ou contre les deux à la fois. Ce n’est pas exclu car, véritablement, les paysans de Bonborokuy ou de Matiacoali ont beaucoup plus besoin de pluies pour faire face à la saison hivernale que de ces mouvements d’humeurs qu'ils regardent de très loin. Les élèves et leurs parents sont en période de concentration et de prières sur les examens de fin d'année. Ce n'est donc pas le moment de distraire tout ce monde qui constitue avec d'autres Burkinabè, la majorité du peuple. Attention donc !

Dabaoué Audrianne KANI



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