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Enfin, le président Roch a eu sa trêve sociale

10/07/2018
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Comme s’il avait été entendu par eux, les mouvements et organisations syndicales ont mis «balle à terre». En tout cas, depuis sa sortie du 24 juillet dernier au cours de laquelle le président Roch Marc Christian Kaboré a demandé aux agents du ministère de l’Economie, des Finances et du développement d’arrêter leur grève et de reprendre le travail, on a cette impression qu’il a été entendu. Non pas seulement par les seuls financiers, mais par l’ensemble des organisations syndicales. Sans doute aussi que la conférence nationale sur le système de rémunération des agents de la fonction publique y est pour quelque chose. Car, à l’issue, tous les fonctionnaires doivent bénéficier d’augmentations de salaires. Si tel est le cas, tant mieux!

En effet, aucun pays au monde ne peut se développer dans le désordre, par des mouvements syndicaux à répétitions comme c’était le cas au Burkina Faso. Aussi, est-il bienséant de saluer cette accalmie sociale qui va sans aucun doute, permettre au président et à son gouvernement de mettre véritablement en œuvre le programme pour lequel il a été élu. Car, si les Burkinabé doivent lui demander des comptes en fin de mandat, ils doivent maintenant et tout de suite lui permettre de dérouler son programme. Au cas contraire, ils seront responsables de son échec et seront ainsi les premiers perdants.

Roch est élu pour cinq ans. Si au cours de ces cinq ans, il n’aura rien fait parce que les Burkinabè l’ont empêché de travailler, ce n’est pas lui qui perd, mais tous les Burkinabè. Autrement dit, cinq années de perdues pour le développement d’un pays, de tout un peuple, c’est énorme! C’est même un vide qu’il sera très difficile de le combler. Il est évident que le rôle de toute organisation syndicale est de revendiquer de meilleures conditions de vie et de travail pour ses militants. Mais, cela ne doit pas se traduire par des actes qui peuvent s’apparenter à du sabotage, entrainant ainsi le blocage du fonctionnement de toute une nation. Ce serait ce que les sages appellent «se mettre le doigt dans l’œil».

Quand on revendique, c’est qu’on est conscient que ce qu’on revendique est disponible. Soit parce qu’on l’a produit soi-même, soit parce que quelqu’un l’a fait. Dans tous les cas, on revendique pour mieux produire car il faut préserver l’avenir des générations suivantes. Aussi, il est de plus en plus impérieux que les Burkinabè se remettent très rapidement au travail pour rattraper le temps perdu. Non pas pour Roch et son gouvernement, mais pour eux-mêmes. Roch, son gouvernement et son pouvoir sont passagers (comme bien d’autres pouvoirs avant eux), mais le peuple burkinabè demeurera toujours. Et c’est cela le plus important!

Mais tout cela ne peut se réaliser que dans la cohésion, l’unité, le vivre-ensemble, la tolérance et la réconciliation. Les Burkinabè y ont bien intérêt car, personne ne viendra promouvoir notre développement à notre place. C’est maintenant, et c’est nous!

Dabaoué Audrianne KANI



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