Flash Info utane

 Burkina/ Gratuité des soins: Un agent de santé arrêté avec 4360 boîtes d'Artesun détournés. Jeux de la Francophonie: Le Burkina Faso termine 10ème   


Ainsi, Blaise Compaoré ne serait pas parti du pouvoir

05/12/2018
00:00

Entre la légalité et la légitimité, le gouvernement de Paul Kaba Thiéba a du mal à choisir. Même si pour beaucoup d’observateurs le gouvernement inscrit beaucoup plus ses actions dans la légalité. Ce qui est, à priori, une bonne chose dans le contexte actuel du Burkina. Car, la légalité constitue la base de toute action publique à laquelle le donne son caractère contraignant. Malheureusement, au lendemain de l’insurrection populaire dans laquelle les Burkinabè vivent toujours, la légalité a elle seule ne peut suffire. Si elle devait l’être, Blaise Compaoré ne serait pas parti du pouvoir. Toutes les actions, y compris la révision de l’article 37 de la Constitution s’inscrivaient dans la légalité. Le problème qui s’est posé est celui de la légitimité, de l’opportunité.

Aujourd’hui, c’est dans cette situation que se trouve le gouvernement de Paul Kaba Thiéba face aux décisions et actions qu’il pose. On a coutume de dire que la loi est faite par les hommes pour les hommes. Quand elle ne satisfait plus leurs préoccupations, ce sont les mêmes hommes qui la changent pour l’adapter à leur contexte. Du reste, chacun interpelle toujours l’autre, ou en fonction de ses intérêts. C’est pourquoi, le pouvoir devrait prendre toutes les précautions afin d’opposer la loi aux citoyens. Avant d’appliquer la loi, il faut d’abord se rassurer que soi-même on respecte la même loi. Autrement dit, celui qui bafoue la loi en premier est mal placé pour condamner celui qui ne la respecte en seconde position.

En effet, «un mauvais règlement à l’amiable vaut toujours mieux qu’un bon procès», dit l’adage. Le rôle d’une autorité, n’est pas seulement de faire respecter la loi par les citoyens, mais de l’appliquer intelligemment afin qu’elle soit au service de la communauté. Car, lorsque la loi ne sert plus les intérêts de la communauté, elle doit être révisée. S’entêter dans le contraire, pourrait paraître suicidaire. On a opposé la loi aux éléments de la Garde de sécurité pénitentiaire pour en révoquer une dizaine de la Fonction publique. C’est la même loi qu’on veut opposer aux agents publics qui ont pris part au mouvement du 29 novembre dernier. C’est encore la même loi qu’on veut appliquer aux enseignants qui ont décidé de suspendre les évaluations scolaires jusqu’à nouvel ordre.

Si malgré toutes ces menaces et ces sanctions, les Burkinabè sont de plus en plus motivés et mobilisés chaque fois qu’il y a des mouvements sociaux, c’est tout simplement parce qu’ils n’ont plus peur de la loi. Dans ce contexte, il faut nécessairement chercher les solutions ailleurs. C’est pourquoi, le dialogue, la concertation, la franchise et le respect des engagements ou même le compromis sont souvent très indiqués.

Personne en réalité, ne travaille contre les intérêts du Burkina. Encore moins le gouvernement qui a en charge la gestion de la cité. En clair, il travaille pour le bien-être des populations. Mais en fonction des moyens dont il dispose. C’est dire que si les revendications dépassent ce dont le gouvernement est capable, il est évident qu’il ne pourra pas les satisfaire entièrement. Le contraindre à faire ce qui ne relève pas de ses possibilités pour l’intérêt général, c’est conduire le pays à la faillite. Par contre, s’il prend des engagements sans contrainte aucune, c’est qu’il est en mesure de les mettre en œuvre. En cas de difficultés, il lui revient de poser à temps le problème, pour qu’ensemble avec les acteurs concernés, des solutions puissent être trouvées. Au cas contraire, il assume la responsabilité. Et la loi, dans toute sa rigueur, n’y peut absolument rien!

Dabaoué Audrianne KANI



7
Partager sur Facebook

B Commentaires - Soyez le premier à commenter -

Recherche

Derniers articles

Kam, Gilbert, les Burkinabé veulent la vérité !

Le Général Gilbert Diendéré accuse l'avocat Hervé Kam d'avoir empoché la somme de 100 millions de FCFA sous la Transition parce que disait-il « nous on...

07/12/2018

François Compaoré va-t-il venir répondre ?

La justice française a tranché hier en début d'après-midi. En autorisant l'extradition de François Compaoré, cité dans l'affaire Norbert Zongo. C'est ...

06/12/2018

Ainsi, Blaise Compaoré ne serait pas parti du pouvoir

Entre la légalité et la légitimité, le gouvernement de Paul Kaba Thiéba a du mal à choisir. Même si pour beaucoup d'observateurs le gouvernement inscri...

05/12/2018

Portrait

Conseil des ministres

Vidéos





11:46:27