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François Compaoré va-t-il venir répondre ?

06/12/2018
00:00

La justice française a tranché hier en début d’après-midi. En autorisant l’extradition de François Compaoré, cité dans l’affaire Norbert Zongo. C’est sans doute une victoire pour la justice burkinabé et un soulagement pour les défenseurs des droits de l’homme. Il reste donc les procédures à mettre en place pour concrétiser cette extradition. Mais en attendant, le chemin est encore long car il y existe des voies de recours dont la défense de François peut faire usage. Emmanuel Macron, le président français avait fait la promesse que la justice de son pays allait jouer son rôle, dans l’indépendance et une transparence totales. On espère bien qu’il en a été ainsi.

François Compaoré va-t-il venir répondre devant la justice ? En tout cas la procédure pourrait encore prendre du temps. François Compaoré et ses soutiens devaient être les premiers à se réjouir de cette décision de la justice française. Car, à tout point de vue, elle lui donne l’occasion de venir se blanchir si toutefois il estime qu’il n’a rien à voir dans la mort du journaliste Norbert Zongo et de ses compagnons d’infortune le 13 décembre 1998 à Sapouy. Ainsi, les Burkinabé sauront qu’il est accusé pour rien. Refuser de le faire, c’est accepter sa culpabilité en toute évidence.

En effet, ce dossier de Norbert Zongo fait partie des grands dossiers pendants devant la justice burkinabé. Son dénouement (comme celui d’autres dossiers) pourrait permettre non seulement de savoir la vérité, mais également, de permettre aux Burkinabé de se réconcilier. Véritablement, ce sont entre autres, ces dossiers qui polarisent et divisent. En plus ils plombent les actions de développement du pays.

Ce qui est important, est de faire en sorte que, si François Compaoré est extradé au Burkina, qu’il soit en sécurité. Qu’il jouisse de tous les droits que la justice lui garantit. Son extradition ne veut nullement dire qu’il est coupable dans cette affaire. Le juge a besoin de l’entendre. Si à l’issue, il est établi qu’il y a des choses à lui reprocher, qu’il écope alors de la sanction qui convient. Dans l’indépendance totale de la justice. Le Burkina Faso en sortira grandi!

Au cas contraire, ce serait la justice des vainqueurs contre les vaincus. Ce dont le pays n’a pas besoin. Ni aujourd’hui ni demain.

La réconciliation nationale, que tout le monde prône tant, passe nécessairement par le dénouement de certains dossiers desquels il faut que la vérité éclate, que les Burkinabè sachent ce qui s’est passé. C’est ainsi qu’ils pourront véritablement pardonner.

À la veille de la commémoration du 20e anniversaire de la mort de Norbert, c’est bien un événement important. Même s’il vient un peu en retard. L’affaire Norbert Zongo aurait pu être vidée depuis longtemps si les acteurs avaient accepté de se soumettre et de dire la vérité devant les tribunaux. Dommage qu’on n’en soit encore pas à cette étape.

Dabaoué Audrianne KANI



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