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Dossier Thomas Sankara, Alain Bonkian est décédé

27/12/2018
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À peine est-il inculpé dans le dossier de l’assassinat de Thomas Sankara, père de la révolution burkinabé que le colonel-major Alain Laurent Bonkian a quitté ce monde, ici bas. Faut-il en faire un rapprochement ? Certainement que non, car selon le communiqué qui rapporte la nouvelle de son décès, Alain était malade et recevait des soins à l’hôpital de Tangandogo (hôpital Blaise Compaoré). Ceux qui le connaissent savent également que celui qui était jusque-là conseiller du chef d’Etat-major général des armées était souffrant il y a belle lurette. Même si, malgré tout, il assurait ses obligations professionnelles d’officier supérieur de l’armée burkinabé, digne de ce nom. Du reste, tout rapprochement avec ce dossier relèverait de la méconnaissance d’Alain Bonkian.

Évidement avec son décès, c’est une vérité sur les circonstances de la tuerie du 15 octobre 1987 qui ne sera pas connue. Autrement dit, on ne saura jamais si Alain Bonkian fait partie de ceux qui ont commandité ou exécuté le coup d’Etat du 15 octobre. N’étant plus là pour se justifier, témoigner ou se défendre, il sera difficile d’établir sa responsabilité. Du coup, l’espoir qui venait de naître suite à son inculpation fond comme glace au soleil. Laissant ainsi les défenseurs des droits de l’homme et principalement du dossier Thomas Sankara dans une autre incertitude.

Dans tous les cas, au regard de l’engagement des uns et des autres autour de ce procès, nul doute que cette disparition d’Alain Bonkian n’entamera la volonté de la justice d’aller jusqu’au bout. Et c’est tout le bonheur qu’on puisse lui souhaiter. Car, un dossier judiciaire aussi emblématique comme celui de Thomas Sankara ne saurait être clos parce que des inculpés sont absents ou décédés. Du reste, les quelques éléments dont dispose la justice doivent suffire à établir les responsabilités des uns et des autres. Et boucler ainsi un dossier vieux de 31 ans. Alain Bonkian est décédé. Comme d’autres qui pouvaient éclairer les Burkinabé sur les circonstances réelles de ce dossier. Mais ce n’est pas pour autant que le dossier Thomas Sankara est mort ou classifié.

Ce qu’il faut souhaiter davantage est que les archives déclassifiées par le gouvernement français et qui sont entre les mains du juge d’instruction apportent quelque chose de véritablement nouveau. Tout en sachant qu’aucune puissance occidentale, aucun pays africain ne pourra fournir tous les éléments pouvant établir sa responsabilité dans un tel dossier.

Dans un tel contexte, il appartient à la justice burkinabè et aux Burkinabè de prendre toutes leurs responsabilités! Car, le dossier Thomas Sankara tout comme celui de Norbert Zongo, de Drabo Boukary, d’Henri Zongo, de Boukary Lingani, de Clément Oumarou Ouédraogo... ne doivent guère continuer indéfiniment de «polluer le climat» socio-politique national. Il en est de même des dossiers de l’insurrection populaire et du coup d’Etat dont le procès se déroule en ce moment.

Dabaoué Audrianne KANI

 



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