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Ces témoins qui n’apportent rien au procès !

07/02/2019
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Depuis un certain temps, le tribunal militaire de Ouagadougou fait défiler à la barre des témoins civils, pour en savoir davantage sur les implications des uns et des autres dans le coup d’Etat du 16 septembre. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on n’apprend pratiquement rien de ces gens-là. Au contraire, certains, au lieu de profiter de l’occasion pour asseoir leurs assises en disant la vérité, sont venus tout simplement se ridiculiser. C’est le cas par exemple de certains cadres du Congrès pour la démocratie et le progrès qui confondent tout de ce qu’ils ont fait dans la journée du 16 septembre. Pendant que les uns soutiennent qu’il y a eu deux réunions dans la même journée, d’autres qui sont considérés comme ayant pris part aux deux réunions soutiennent qu’il n’en était rien! On parle de 10 millions, de 15 millions, puis de 20 millions, tantôt pour l’ouverture de la campagne électorale, tantôt pour protéger des incendies des domiciles des cadres du parti.

Achille Tapsoba, premier vice-président du parti et Salifou Sawadogo, lui aussi vice-président du même parti se contredisent alors qu’en réalité, ils devraient avoir la même version puisqu’ils devraient avoir tout suivi et tout fait ensemble. A moins qu’il y ait eu un autre noyau du parti dans le noyau. C’est extrêmement grave! Car, l’impression qu’ils donnent devant le tribunal peut ne pas du tout rassurer les militants qu’ils entendent drainer derrière eux. Pire! quand on apprend que le Procureur du Faso près le tribunal militaire et la partie civile ont demandé la levée de l’immunité parlementaire de Michel Ouédraogo, alors qu’un autre cadre du parti dont il est le député, le dénonce pour faux témoignage, on tombe carrément à la renverse!

Il s’est passé des choses le 16 septembre 2015 et jours suivants. Des responsables du parti ont été arrêtés et mis en prison pour leur implication présumée dans le coup d’Etat ou tout au moins leur soutien. Tout un chacun a nié. Voilà que l’occasion est donnée de s’expliquer devant les Burkinabè. Il faut donc dire exactement comment les choses se sont passées! Les Burkinabè ont besoin de la vérité pour apaiser les cœurs. Ils ont besoin de la vérité pour se réconcilier et aller à l’essentiel. Si le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) dont ils avaient la direction au moment des faits (ils l’ont d’ailleurs toujours) avait reconnu sa mauvaise appréciation de certaines situations et avait demandé pardon aux Burkinabè, ce n’est pas le moment pour les mêmes responsables de venir se ridiculiser au procès. Au risque de remuer le couteau dans la plaie!

Dénis Dafranius SANOU



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