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Ça y est, Gbagbo a quitté (définitivement ?) la prison de la CPI

07/02/2019
00:00

L’ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, a quitté mardi 5 février 2019 Les Pays-Bas, La Haye et sa prison de la Cour pénale internationale. Direction, la Belgique qui, en accord avec la CPI, a accepté de l’accueillir. Depuis hier mercredi, il séjourne dans ce pays où sa femme réside. Même libéré, Laurent Gbagbo n’est pas libre. D’abord il ne peut pas se rendre en Côte d’Ivoire son pays, où il a été président de la République. Il ne peut quitter la municipalité où il réside sans s’être signalé aux autorités belges et à la CPI. Enfin, Laurent Gbagbo doit «pointer» auprès du commissariat de police ou des autorités administratives une fois par semaine. Sur son affaire, il ne pourra non plus se prononcer publiquement. Pour qui connaît l’ancien président ivoirien, autant dire que Koudou n’est pas en liberté!

Qu’à cela ne tienne! Laurent Gbagbo a beaucoup de chance de ne plus retourner à la Cour pénale internationale. Non seulement, il a été reconnu non coupable, mais il a été acquitté de tous les crimes dont il était accusé. Mieux, aucune des restrictions de la Cour pénale internationale n’interdit à Laurent Gbagbo de parler ou de prendre position sur la vie politique de son pays. C’est là que les choses devraient être assez intéressantes pour le désormais ancien prisonnier de La Haye. Cependant, Laurent Gbagbo et ses partisans ne doivent pas trop se réjouir. Car, une procédure est pendante en Côte d’Ivoire contre leur champion. Si bien que s’il rentre au pays sans une amnistie générale, il sera mis aux arrêts. Pour l’instant, c’est donc à distance que le compagnon de Simone Gbagbo va s’intéresser à son pays, notamment sur le plan politique. Si jamais les autorités belges ne lui imposent pas, à leur tour, un devoir de réserve.

C’est en Côte d’Ivoire et même au Burkina, que les nombreuses victimes des exactions post-électorales n’auront plus que leurs yeux pour pleurer. Gbagbo n’est pas responsable des plus de 3 000 morts. Charles Blé Goudé non plus! Ce n’est pas le camp d’Alassane Ouattara et de Guillaume Soro qui sont au pouvoir qu’il faut accuser. Eux qui n’ont jamais été véritablement inquiétés par aucune cour de justice, nationale et/ou internationale. Est-ce à dire que pour l’intérêt supérieur de la Côte d’Ivoire, voire de la sous-région, a été passé à pertes et profits? Même si officiellement ce n’est pas le cas, ça y ressemble grandement! Reste à convaincre les Ivoiriens que ce qui est passé doit désormais relever du passé; et que c’est ensemble qu’ils doivent construire leur pays.

Mais pour en arriver là, il faut accélérer le processus de réconciliation nationale; trouver effectivement un mécanisme d’indemnisation des parents des victimes et procéder à des réparations conséquentes. Sinon, la Côte d’Ivoire, à l’orée de la présidentielle de 2020, pourrait renouer avec les violences pré ou post-électorales. Les dernières élections municipales ont démontré, à souhait, que rien n’était gagné d’avance. Au contraire!

Dabaoué Audrianne KANI

 



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