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Colonel Sita Sangaré de la FBF : « J’ai écrit à l’ensemble des joueurs pour leur rappeler que la qualification à la CAN demeurait possible »

08/02/2019
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A la tête de la Fédération burkinabé de football, où il est en train d’achever, un deuxième mandat, le colonel Sita Sangaré et l’ensemble des membres de son bureau exécutif se sont donnés pour mission de booster le niveau du football burkinabè. Il parle des réformes entreprises par son équipe fédérale, des difficultés avec les petites catégories, de l’exploit de Salitas, de la qualification des Etalons à la CAN Egypte 2019, et d’une possible organisation d’une CAN par le Burkina Faso.

Lors de l’assemblée générale de la FBF en fin 2018, des décisions ont été prises ; pourrait-on avoir le point de la mise en œuvre de ce qui a été pris comme décisions fortes?

Courant avril 2018, il y a eu une assemblée générale extraordinaire sur les réformes au niveau du comité exécutif qui avait été décidé pour examiner des réformes proposer par la commission des réformes. Depuis la campagne pour l’élection au comité exécutif de 2016, le leitmotiv de tous les candidats était des réformes à opérer au sein de notre football. En ce qui nous concerne, nous avions également promis d’engager des réformes nécessaires à la bonne marche de notre football. Dès l’élection, nous nous sommes attélé à mettre en place une commission chargée de porter ces réformes. La commission était présidée par le juge Wenceslas Ilboudo et composée de juristes et d’autres acteurs de football a sillonné un grand nombre de nos ligues et de clubs pour recenser leurs besoins. Elle a ensuite examiné les textes d’autres fédérations africaines et également ceux de la FIFA et de la CAF parce qu’il s’agissait au minimum de mettre nos textes fondamentaux en adéquation avec les textes des instances faîtières du football. Et c’est ce qui a été fait. Donc ces réformes ont été présentées à l’AG extraordinaire d’avril 2018 au collège des membres de la commission qui, a une très large majorité a adopté ces textes. Ces textes portaient entre autres, sur la limitation des mandats, car il n’y en avait pas au niveau de la FBF. Ce qui était déjà fait au niveau de la CAF et progressivement les fédérations africaines et internationales sont invitées à s’y conformer. De plus, comme autres réformes nous avons le changement au niveau de la composition du collège de l’assemblée générale. Sur la question même de l’élection, nous avons adopté que seul le président du comité exécutif est élu. Et une fois élu, il lui revient de composer son comité exécutif sur la base d’un certain nombre de critères. Et le président élu ne peut pas composer la Fédération à sa guise, il est obligé de tenir compte de critères strictement sportifs en se référant aux statuts et règlements de la Fédération.

Est-ce que vous êtes satisfait de la mise en œuvre des réformes?

Concernant la composition du comité exécutif, il est dit très explicitement que celui-ci doit être tout au plus de 21 membres alors que nous étions plus d’une trentaine. De par le monde la composition du comité exécutif excède rarement 15 membres, même dans d’autres pays africains, les comités exécutifs dépassent rarement la quinzaine de membres. En Nouvelle Zélande par exemple, il est constitué de 03 membres. Donc nous étions à un nombre pléthorique et selon la réforme du comité exécutif nous devons tout au plus être 21)et c’est ce qui a été fait.

Parlant de l’actualité, nos Etalons juniors participent à la coupe des nations au Niger. Que pensez-vous de la participation de nos Etalons après 2017?

C’est déjà une bonne chose pour notre football ; il est important que nous puissions participer aux compétitions continentales. Le fait d’être absent, c’est comme s’il n’y avait pas un travail qui se menait à la base. Je pense que c’est le fruit du travail de beaucoup d’acteurs que ce soient déjà les clubs qui forment les enfants ou les entraîneurs. Aussi nous pouvons saluer la qualification de nos Etalons juniors à cette phase finale. Nous avons dit clairement au staff technique que ce n’est pas parce que ça faisait longtemps que nous avons participé à une phase finale que nous y allons pour faire de figuration. Nous avons dit également qu’il fallait aller montrer la bonne santé de notre football. Du fait que notre équipe soit logée dans un groupe assez relevé, cela était un atout parce que nous n’avons pas beaucoup de pression et en notre qualité d’outsider, il nous appartient de jouer sans le moindre complexe possible.

"L’arbre ne doit pas cacher la forêt”, dit-on ; les juniors se sont qualifies, mais nous avons un souci au niveau des cadets qui depuis le sacre de 2011 n’ont plus goûté à une qualification à la CAN?

Il est important que nous puissions participer régulièrement aux phases finales d’une CAN. Il y a cinquante quatre associations membres en Afrique et il y a de nos jours huit équipes cadettes et juniors qui sont qualifiées. Aussi il faut se battre pour en être. Le comité exécutif en est conscient, même si des réflexions sont en cours au niveau de la CAF pour élargir les pays participants car même au niveau des seniors on a augmenté le nombre de participants. De ce fait, il n’est pas normal qu’au niveau des petites catégories, on se limite encore à des chiffres ridiculement bas. A ce niveau, nous sommes dans une politique de relève que même notre autorité de tutelle approuve même si les moyens sont rares. La formation a un coût et vu la modicité des moyens, l’accent est surtout mis sur l’équipe fanion. Malgré la rareté des ressources, nous devons être inventifs pour que nous puissions former nos jeunes parce qu’ils sont l’avenir de la nation, mais aussi de notre football. Lors d’une récente rencontre du comité exécutif, il a été question de tout faire pour organiser cette année une véritable compétition des petites catégories. Je pense qu’on s’achemine vers la mise sur pieds d’une coordination qui va regrouper les acteurs majeurs de la petite catégorie (la DTN, la league de football des jeunes..) pour trouver la meilleure formule. L’assemblée générale a donné un quitus au comité exécutif d’opérer une retenue sur la bourse des clubs des première et deuxième divisions afin d’organiser cette compétition. Dans la convention qui lie tant le ministère des Sports et des Loisirs à la Fédération de football qu’aux clubs il était expressément prévu que 25% de cette bourse soit consacré à la relève. Face à l’évidence du constat sur le terrain, l’assemblée Générale a recommandé que l’on puisse prendre les 25% pour organiser une bonne compétition pour les petites catégories.

Il avait été décidé à un moment donné, de prendre en charge les salaires des joueurs dans les clubs ; est-ce que cette initiative a été un échec ou une réussite?

Je dois dire que c’est au niveau du comité exécutif que nous avions mené cette démarche pour demander à notre ministère de tutelle de plaider au niveau de l’Etat pour qu’on puisse par cet acte reconnaître le rôle social du football. Car comme le dit l’adage «ventre vide n’a point d’oreille», aussi si vous n’êtes pas motivé vous ne pouvez pas donner le meilleur de vous-même. Nous savons qu’il y a beaucoup de difficultés dans notre pays, nous savons qu’il y a beaucoup de clubs, mais le football étant le sport roi dans notre pays nous avons souhaité garantir le minimum de salaire pour les acteurs de première et deuxième division pour qu’on puisse prétendre rivaliser avec les autres nations. Mais avec nos autorités de tutelle, il était difficile que l’Etat puisse honorer les salaires de joueurs; c’est pourquoi il a été décidé en lieu et place de l’octroi de bourses. Avec cette aide de l’Etat, nous avons souhaité que l’on ne donne pas en dessous d’un certain seuil aux joueurs de première et deuxième division. Ce qui a eu un impact certain, vu que maintenant les rencontres sont plus discutées.

L’exploit de Salitas FC qualifié en phase de groups. Quel regard avez-vous par rapport à cette qualification d’une équipe locale ?

Je pense que c’est une bonne chose, mais par là également il faut avoir le courage de reconnaître que le rôle de la Fédération n’est malheureusement pas assez souligné. Lorsque nous arrivions à la tête de la Fédération, il n’y avait pas du tout de compétition pour la troisième division et c’est le comité exécutif qui a décidé d’en organiser. Ce qui a d’ailleurs bénéficié à Salitas inscrit en troisième division et qui était affilié au comité exécutif. Il a fallu qu’il y ait compétition pour que cette équipe puisse gravir. Je dois dire d’ailleurs que c’était une des raisons que le précurseur des centres de formation, le fondateur de Planète champion, IZRI a quitté notre pays parce qu’il avait souhaité que Planète champion évolue dans l’élite, mais cela lui avait été refusé. Je voudrais dire que nous en sommes contents parce que c’est grâce à cela que Salitas est en première ligue aujourd’hui. De meme pour Rahimo qui joue les premiers rôles en ce moment dans le championnat de première division.

Vous avez parlé dans la presse, d’une qualification des Etalons seniors à la CAN Egypte 2019; tout le monde se demande sur quelle base le président de la Fédération dit et affirme que les Etalons vont se qualifier. Y a-t-il assez de probabilités pour que les Etalons se qualifient?

Pourquoi également tout le monde doit penser que les Etalons sont éliminés alors que nous ne le sommes pas mathématiquement? Cela fait partie des aléas du football. Tant qu’une guerre n’est pas finie on ne peut pas déclarer qu’on a perdu. Dès l’entame de la competition, on savait qu’il fallait deux qualifiés par groupe, et nous occupons la troisième place à la veille de la fin de ces competitions ; ce qui fait que nous avons une probabilité de faire partir de ces deux qualifiés au finish. Je ne retire pas un seul mot de ce que j’ai dit. Je tiens à préciser que ce n’est pas dans la presse que j’avais fait cette affirmation, mais plutôt lors d’une rencontre où j’avais convié les journalistes (l’Association des journalistes sportifs), les supporters et les anciens footballeurs. Dès ce moment, j’ai exprimé le fait que le Burkina avait toutes ses chances d’être qualifié. Ce qui n’est pas une nouveauté car depuis notre retour de l’Angola, j’ai écrit à l’ensemble des joueurs pour leur rappeler que la qualification demeurait possible et jusqu’à preuve du contraire, je suis dans cette logique. Nous avons un match que nous allons jouer à domicile et selon la tendance nous avons gagné nos deux premiers matchs à domicile et il nous reste le troisième que nous avons la possibilité de remporter. De l’autre côté, notre adversaire direct pour la qualification se déplace à l’extérieur ; pourquoi un Burkinabè lucide, raisonnable et véritablement patriote va penser que l’équipe d’Angola qui se déplace va pour gagner ? De façon vraiment réaliste, il n’est pas exclu que l’Angola aille pour gagner au Botswana, mais il est fort possible que l’inverse aussi se passe. Et si l’Angola ne gagne pas et que le Burkina qui joue à domicile gagne, nous sommes qualifiés quels que soient les différents scores enregistrés. Est-ce que cela relève de l’impossible? C’est absolument réalisable ! De ce fait, le comité exécutif, les joueurs et leur encadrement travaillent résolument dans la dynamique de battre la Mauritanie à Ouagadougou et ensuite nous regarderons ce qui se passe au Bostwana. Nous sommes convaincus que les Bostwanais vont jouer également grandement leur match. Et nous nous donnons rendez-vous pour le 23 mars.

Le président de la FIFA a effectué une visite au Burkina le 10 janvier dernier ; que peut-on attendre de cette visite du président Infantino?

Déjà c’est une visite qui honore notre pays car c’est la toute première visite d’un président de la FIFA au Burkina Faso. Cela est d’ailleurs réconfortant pour les acteurs de football et pour les dirigeants que nous sommes. S’agissant des retombées, nous pensons qu’elles seront bénéfiques. Déjà le président Infantino de retour à Zurich nous a envoyé une correspondance dans laquelle il a réaffirmé sa volonté d’accompagner les efforts de notre football.

Lors de la conférence de presse qu’il a animée au Burkina, il a été question des conditions pour l’organisation d’une coupe d’Afrique ; est-ce qu’en se référant à la CAN par exemple ? Est-ce que le Burkina Faso pourra prétendre un jour, organiser une CAN ?

Je pense que nous devrons d’abord rencontrer la presse, car j’ai malheureusement entendu beaucoup de choses inexactes. Je voudrais simplement rappeler que ma modeste personne est membre du comité exécutif de la CAF parce que j’ai entendu sur certains média et cela est extrêmement grave que dans les textes, dans les statuts de la CAF qu’il est inscrit que le pays à qui il a été retiré l’organisation de la CAN est exclu de la prochaine CAN. Ce qui est dit c’est que le pays qui se désiste de l’organisation d’une CAN se voit exclu non seulement de la CAN qu’elle devait organiser, mais aussi de la prochaine édition. La nuance est extrêmement grande, un pays qui désiste, c’est comme si ce pays a trahi la confiance placée en lui et évidemment, ce pays pose un préjudice à la CAF ; c’est totalement différent. Par exemple, le cas du Cameroun où ce n’est pas le pays qui s’est désisté, mais la CAF qui a constaté que le Cameroun ne pouvait pas être prêt pour l’organiser et donc il n’y a pas de double sanction en la matière. Le Cameroun n’a jamais désisté comme c’est dit dans les textes ; donc, on ne peut pas dire qu’on va l’exclure. Ce n’est pas pour rien et pour palier à cette difficulté que dorénavant il a été décidé que le pays organisateur de la CAN doit participer aux éliminatoires. Donc je dois dire que toute l’histoire des nouvelles conditions par rapport à l’organisation de la CAN a démarré du symposium de Rabbat. Et ce symposium était inscrit dans la campagne du président Hamad et il s’était engagé à regarder de très près les conditions d’évolution de nos joueurs et d’organisation de nos compétitions. C’est ainsi que le groupe qui s’est occupé de la thématique de l’organisation de la CAN, a discuté et a dit que le football aujourd’hui dépasse ce qu’on voit sur le terrain et qu’il doit être mis au service du développement de nos Etats. Ainsi on a dit qu’on n’allait pas organiser une CAN dans un pays où il n’y aurait pas suffisamment d’infrastructures qui vont se réaliser donc c’est un des points importants. On a dit si vous organisez la CAN, vous devez profiter pour réaliser beaucoup de choses dans votre pays pas seulement des infrastructures sportives, il faut également des hôtels, des aéroports. Maintenant vous me demandez si avec ces réformes, le Burkina peut abriter une CAN, je veux dire est-ce que le Burkina a renoncé aux efforts de développementde son pays? Je dirai non! Actuellement la CAN a été attribuée jusqu’en 2025 et nous ne sommes qu’en 2019 et la prochaine CAN de libre est en 2027 ce qui nous laisse 08 ans si nous voulons l’organiser. Pour les infrastructures, il faut un minimum de six stades de match, à peu près dix-sept terrains d’entrainement et les infrastructures hôtelières et aéroportuaires, car il est préconisé qu’il y ait un aéroport dans une ville où se joue un match. De meme, je pense que le Burkinabè est assez ambitieux et veut que son pays soit développé ; donc il ne faut pas penser qu’on ne pourra jamais l’organiser. Je suis optimiste par nature et veux que mon pays se développe, donc je pense que nous pouvons nous lancer ce défi et d’ici dix ans pour organiser une CAN dans les conditions actuelles imposées par la CAN.

Lorsque vous briguiez votre deuxième mandat, vous avez dit que vous allez travailler avec tous les acteurs du football. Est-ce qu’à une année de la fin de votre mandat, vous sentez ce regroupement de l’ensemble des acteurs autour du comité exécutif que vous dirigez?

Vous savez, le football est du domaine de passion, nous avons dit dans un premier temps ce que nous souhaitons. Dans un pays aux ressources limitées, les querelles intestines ne servent à rien. La main est tendue à tous les acteurs de bonne foi de venir pour construire notre pays. Nous avons dit que le football n’a pas besoin de brigandage. Une de mes ambitions était de travailler à ce que l’environnement du football soit assaini et débarrasser au maximum de tous ceux qui en polluent l’atmosphère. Le football est une activité sérieuse dans la vie de la nation, nous voulons que les acteurs du football qui sont des Burkinabè contribuent à développer notre pays. J’invite en tout cas, tous à la retenue, il ne saurait y avoir d’animosité dans les actions qui nous guide, mais nous disons également avec force que force doit rester à la loi et que les gens doivent respecter les textes que nous avons ensemble votés.

Propos recueillis par

Firmin OUATTARA



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