Ils ont encore « tué » Thomas Sankara !

04/03/2019
00:00

C’est le 02 mars 2019, dans la ferveur de la fête des 100 ans du Burkina Faso que la statue géante, symbolisant le capitaine Thomas Sankara et ses douze compagnons tombés le 15 octobre 1987 a été dévoilée au public. Ce, au cours d’une cérémonie tenue pour la circonstance et qui a enregistré la présence d’éminentes personnalités dont le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, l’ancien président ghanéen, John Jerry Rawlings. Aussitôt dévoilée, la stèle à l’effigie du père de la Révolution fait l’objet de critiques acerbes sur les réseaux sociaux au Burkina Faso et au-delà. La statue de l’homme qui est coiffé d’un béret avec le poing gauche levé n’est pas celle de Thomas Sankara. Il y a zéro trait de ressemblance avec lui. Pire, le nom en abréviation est un faux. Et pour certains, elle (la statue) dénigre le héros de la Révolution et met la honte sur le peuple burkinabè. D’autres vont même plus loin en supposant que même un non-artiste ne ferait pas ça de Sankara et pensent que l’auteur de cette «bêtise» doit répondre devant les juridictions compétentes.

Même si le Comité international du mémorial Thomas Sankara qui a procédé le 15 octobre 2018, à la pose de la première pierre du mémorial Thomas Sankara, s’est empressé de faire un communiqué pour mettre fin à la polémique, l’acte posé est assez gave pour rester sous silence! Il nécessite toutefois quelques interrogations. Mais qui est ce musicien pardon, ce sculpteur qui a osé saboter l’image de feu le président Thomas Sankara au point de mal écrire les initiales de son nom? Le Burkina ne dispose donc pas de sculpteur, un vrai, qui puisse tailler une statue à l’effigie du capitaine Thomas Sankara ou alors, qui se cache derrière cette bêtise? En vérité, on peut croire à ceux qui disent très souvent qu’au Burkina, les gens n’aiment pas Thomas Sankara, mais profitent de son nom pour s’enrichir. Pour preuve, qu’ont-ils dit, tous ces partis politiques, ces hommes et femmes qui vivent et survivent à cause de Thomas Sankara, assassiné à titre posthume après cette statue bâclée? Avait-on besoin de se précipiter? Sans doute non, car la découverte de la statue de Thomas Sankara en elle-même est un grand événement qu’il ne fallait pas confondre avec le FESPACO.

En outre, certains Burkinabè semblent n’avoir pas encore compris ce que Thomas Sankara représente pour eux et pour la jeunesse africaine. Allez au Congo, au Sénégal, en Algérie ou en encore en Tunisie, et même dans certains pays occidentaux, c’est par le nom de Thomas Sankara qu’on vous reconnaîtra Burkinabè. En réalité, tout ce qui touche et concerne Thomas Sankara doit être pris très au sérieux. Les Burkinabè, ceux qui ont connu Sankara et ceux qui ne l’ont pas connu, ont envie de faire en sorte que leur pays, Sankara soit un exemple. C’est pourquoi le «plus rien ne devra être comme avant». Que ceux qui l’ont compris comprennent.

Ousmane TRAORE



89
Partager sur Facebook

B Commentaires - Soyez le premier à commenter -

Recherche

Derniers articles

Gouvernement/agents de santé, que chacun prenne ses responsabilités

Les travailleurs, militants de quatre syndicats des agents de santé sont repartis hier en grève. Pour la énième fois, est-on tenté de dire. Parce que l...

21/11/2019

Et si les Burkinabè en voulaient à la France pour rien !

Une certaine opinion anti-France est en train de se forger au Burkina Faso. Tout simplement parce que des Burkinabè accusent la France de ne rien faire...

20/11/2019

Insécurité, malgré tout le Faso reste débout et avance

Si les terroristes qui attaquent le Faso pour des raisons diverses (à en croire le ministre de la Sécurité) croient qu'ils vont faire fléchir ce peuple...

18/11/2019

Portrait

Conseil des ministres

Vidéos





13:13:06