Autant amender l’actuelle Constitution et on continue

14/03/2019
00:00

L’adoption de la nouvelle Constitution refait surface. A en croire notre confrère Kaceto.net, c’est dans ce mois de mars que le gouvernement va se pencher sur le projet de loi en conseil des ministres et le transmettre à l’Assemblée nationale pour adoption. En clair, l’adoption de la Constitution par voie référendaire est à mettre désormais aux calendes grecques. Les raisons sont toutes simples: situation sécuritaireet coût élevé du référendum. Autrement dit, il y a mieux à faire qu’un référendum juste pour adopter une nouvelle Constitution alors que le pays a besoin d’argent pour faire autre chose. En outre, il n’est pas évident qu’au cas où ce référendum devait avoir lieu, que dans certaines zones (au Nord, au Sahel et à l’Est), on puisse effectivement tenir des votes. Du moment où les écoles sont fermées et les enfants et les enseignants renvoyés malgré eux à la maison, aller y tenir des votes pourrait ressembler à de la provocation. Si ce n’est pas un manque de lucidité.

Si tel est donc le cas, pourquoi ne pas amender tout simplement la Constitution actuelle et puis on continue? Les Burkinabè ne s’offusqueront pas outre mesure si tel devait être le cas. Ils sont tous conscients de ce que la situation nationale ne se prête pas au gaspillage des petites ressources financières dont dispose le pays. Ils n’en voudront pas à leurs autorités pour avoir choisi le moindre mal. D’ailleurs, si ce n’est dans certains milieux à polémiques, la Constitution actuelle du Burkina Faso ne gêne personne. En tout cas, pas la majorité des Burkinabè qui, comme leur pays, ont d’autres chats à fouetter que de parler de Constitution. Roch Marc Christian Kaboré et ses camarades ne sont donc pas obligés.

En effet, on peut comprendre que la Constitution étant la loi fondamentale sur laquelle repose toutes les autres lois, elle doit être conforme à l’évolution, de façon générale, des instruments juridiques, tant sur les plans national, sous-régional et international. Sur ce point précis, il y a certainement des choses à revoir. Si on peut s’arrêter-là, c’est tant mieux, et dans ce cas, qu’on ne parle pas de référendum, mais d’amendement de l’actuelle Constitution.

Le passage d’une République à une autre République se fait généralement par une nouvelle Constitution votée au cours d’un référendum. Ce qui donne l’occasion à l’ensemble du peuple de se prononcer sur celle-ci. Ce qui suppose aussi que le peuple est sensé connaître tout son contenu. Il est de notoriété que les députés étant les représentants du peuple, ils peuvent se prononcer en son nom. Mais, dans le cas d’une nouvelle Constitution instaurant une nouvelle République, il aurait été mieux indiqué que le peuple se prononce par référendum. Mais, à l’impossible nul n’étant tenu: le pays des Hommes intègres qui ne dispose pas de tous les moyens pour assurer sa démocratie doit s’en tenir à ce dont il est capable. Comme quoi, la démocratie a un prix que tout le monde n’est pas en mesure d’en payer.

Dabaoué Audrianne KANI



71
Partager sur Facebook

B Commentaires - Soyez le premier à commenter -

Recherche

Derniers articles

Une fois au pouvoir, ils oublient et veulent rester

Qui aurait cru qu'une fois au pouvoir, Alpha Condé allait avoir des intentions de réviser la Constitution de son pays pour briguer un troisième mandat ...

17/10/2019

Ils ont définitivement tué et enterré Thomas Sankara

Quand on observe de près les manifestations qui sont organisées pour commémorer les dates anniversaires de Thomas Sankara, ancien président du Burkina ...

16/10/2019

Etat-Secteur privé, et pourtant ça bouge !

A écouter les discours prononcés à la cérémonie d'ouverture de la rencontre Etat-secteur privé, rebaptisée Cadre de concertation et de dialogue Etat/Se...

15/10/2019

Portrait

Conseil des ministres

Vidéos





15:26:01