Le Faso face à deux insécurités qu’il faut vaincre

29/03/2019
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Stress et insécurité alimentaires sévères pour plus de 3,7 millions de Burkinabè!

C’est le conseil des ministres du 27 mars qui l’a dit dans son compte- rendu après un rapport présenté par le ministère de l’Agriculture et des Aménagements hydro- agricoles.

En effet, ce rapport relatif au Plan de réponse et de soutien aux populations vulnérables de 2019 (PRSPV-2019), élaboré suite à une analyse de la vulnérabilité alimentaire de notre pays à partir des résultats prévisionnels de la campagne agropastorale 2018-2019, fait ressortir en perspectives projetées (juin-août 2019), la situation suivante: environ 3 745 200 personnes sous stress alimentaire, réparties dans toutes les régions et environ 676200 personnes en situation d’insécurité alimentaire sévère dont 24283 personnes en «phase urgence», reparties principalement dans les régions du Centre-Nord, du Nord et du Sahel. D’un coût global de vingt-sept milliards huit cent quatorze millions sept cent cinquante-deux mille cinq cent quatre-vingt-neuf (27814752589) FCFA, ce plan vise à apporter une réponse concertée aux besoins spécifiques des ménages à risque d’insécurité alimentaire et à la malnutrition et à réduire les effets des crises sur les populations et le bétail, par la protection et la reconstitution des moyens d’existence. Après le terrorisme et son cortège d’insécurités, en voici une autre forme qui n’est pas moins angoissante pour les Burkinabè et leurs autorités. Elle va, elle aussi mobiliser plus de 27 milliards de FCFA.

En effet, l’insécurité alimentaire au Burkina Faso est présente chaque année. Quand on sait les moyens que l’Etat mobilise pour soutenir le monde agricole, on est en droit de se poser la question de savoir ce qui se passe exactement. Autrement dit, il y a quelque chose que le ministère de l’Agriculture doit impérativement revoir afin de nous sortir de ce cercle vicieux dans lequel certains doivent se sentir bien.

L’Etat subventionne les intrants agricoles; il subventionne également les semences afin de booster la productivité. En outre, il octroie d’autres facilités aux producteurs en termes financiers quand ceux-ci sont confrontés à des impayés (tel le cas dans la filière cotonnière). Le Burkina Faso, dit-on, est un pays agricole avec plus de 11,8 millions de terres cultivables dont seulement 5,7 millions d’hectares sont exploités. Ce qui veut dire qu’il y a des terres à cultiver. Où se situe alors le problème?

S’il y a insécurité alimentaire, c’est qu’en plus de la dépendance pluviométrique dont est victime notre agriculture, il y a d’autres problèmes. Parmi lesquels on peut citer la fertilité des sols et surtout le manque d’organisation des filières, l’insuffisance de formation des ressources humaines et dans une moindre mesure, la faiblesse des investissements. Car, dans le dernier cas, on peut noter qu’il y a eu, et qu’il y a toujours de nombreux projets et programmes dans le domaine agricole, financés à coups de milliards. De nombreux textes pour faire effectivement du domaine agricole un levier de la croissance existent. Où se trouve donc le problème?

Voici un sujet qui doit faire l’objet de débats nourris à la prochaine Journée nationale du paysan à Gaoua. A condition qu’on accepte de l’aborder. On ne peut pas continuer à financer le même domaine en amont et le financer encore en aval!

Dabaoué Audrianne KANI



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