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L’opposition exploite les failles, le pouvoir se cherche et se défend

10/04/2019
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C’est le moins que l’on puisse dire, après la conférence de presse hebdomadaire de l’opposition politique d’hier mardi 9 avril. L’opposition, chaque fois qu’elle en a l’occasion, surfe sur les erreurs ou les insuffisances d’appréciation ou de gouvernance du pouvoir. À cette rencontre avec les journalistes par exemple, il a été question des lotissements. Cette question lancinante qui fait peur à la fois aux populations et surtout aux gouvernants. Prise à bras le corps dès le début du mandat de Roch Marc Christian Kaboré, elle n’a toujours pas trouvé solutions. Pour l’opposition, c’est une fuite de responsabilités de la part du gouvernement, qui a prétexté la suppression des opérations de lotissements pour les attribuer à des promoteurs immobiliers privés. Rendant ainsi l’acquisition de terrains à usage d’habitation difficile aux populations. Tant les prix fixés par ces opérateurs sont inaccessibles! Aussi, l’opposition estime-t-elle que le foncier n’a jamais été aussi cher, voire inaccessible aux Burkinabé, que sous le régime du Mouvement du peuple pour le progrès.

Le dialogue politique à la demande du chef de l’Etat, l’insécurité permanente et son corollaire de morts au Sahel et au Nord n’ont pas été occultés. Comme quoi, l’opposition cherche toutes les failles possibles pour « mettre à mal le gouvernement », et faire croire que le régime Kaboré, au lieu d’être la solution, est devenu le problème.

Ce qui peut paraître vrai à maints égards. Cependant, l’opposition doit se résoudre à comprendre que quelque soit le régime qui serait au pouvoir, il ne pourrait pas trouver des solutions magiques aux nombreuses et pressantes préoccupations des Burkinabé. Surtout dans ce contexte post-insurrectionnel. En effet, l’erreur du pouvoir de Roch et de ses alliés a été de croire qu’après les élections présidentielles et législatives, couronnées de succès, on était dans un État démocratique normal. Au contraire! Les Burkinabé venaient de légitimer l’insurrection populaire qui, pour eux, devait servir de levierpour construire un état plus démocratique. Même s’il fallait à la limite, prendre parfois des mesures impopulaires. Au lieu de tout cela, le pouvoir a voulu ménager de présupposées organisations de la société civile et certains partis politiques qui n’attendaient que la moindre occasion pour lui «rentrer dedans » et dénoncer son incapacité à gouverner.

Aujourd’hui, à quelques mois de l’élection présidentielle, le pouvoir est obligé de vouloir rattraper tout le temps perdu en allant sur plusieurs fronts. Sur lesquels, il risque de se perdre. Au bonheur de l’opposition qui, une fois de plus, ne cherche que des failles pour mieux convaincre les Burkinabé sur les difficultés du pouvoir à faire face à leurs préoccupations. Plusieurs équations complexes qu’il va falloir résoudre pour que Roch ait le sourire au soir de la prochaine présidentielle.

Dabaoué Audrianne KANI



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