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Production cotonnière, il faut que ça bouge !

11/04/2019
00:00

Si le Burkina Faso veut revenir dans le top des pays africains producteurs de coton à partir de la prochaine campagne, c’est le moment de mettre les bœufs et la charrue. Les producteurs sont pour la plupart dans l’attente de la concrétisation des mesures prises et celles à prendre après l’atelier national sur la relance de la filière organisé récemment pour relancer durablement la filière. En mars déjà, il y’a eu des pluies. Même si les producteurs n’ont pas encore repris le chemin des champs, ils y pensent déjà. D’ailleurs, c’est généralement en fin mai et en début juin que les semis ont lieu pour le coton. Malheureusement, les producteurs ne savent pas si c’est le coton conventionnel qu’ils vont continuer de produire ou bien on fera retour au coton génétiquement modifié comme de nombreuses voix l’ont réclamé. Ensuite, l’Association interprofessionnelle de coton du Burkina (AICB) ne leur a pas encore annoncé le prix d’achat du coton et les prix de cession des intrants. Ce sont ces prix qui, très souvent déterminent les décisions de produire du coton, d’augmenter les surfaces à emblaver ou non. Alors plus le temps passe, plus les producteurs sont dans l’impasse et plus ils tendent vers d’autres productions de rente dont les prix d’achat sont souvent meilleurs à ceux du coton. Au regard de tout ce qui précède, on gagnerait soit à rassurer les producteurs soit en leur donnant la possibilité d’aller voir ailleurs. Pour qu’au moins ils ne perdent pas tout.

En effet, si le gouvernement tient tant à protéger, à préserver et relancer durablement la production cotonnière, c’est parce qu’il sait que non seulement elle a longtemps été la première production de rente du pays, mais aussi avec elle, elle entraîne les autres productions. Notamment la production céréalière. C’est dire que tout ce qui touche à la production du coton, touche à la production céréalière. Autrement dit, quand la première touche, la seconde s’enrhume.

Certains pourraient croire qu’il faut attendre la Journée nationale du paysan qui se tient en fin avril à Gaoua pour que le président du Faso donne lui-même ces bonnes nouvelles que les paysans attendent pour leur donner plus de poids. Mais, il ne faut pas oublier que cela peut avoir son revers car, si elles ne rencontrent pas l’assentiment des producteurs, il sera trop tard pour se rattraper car il n’y aura plus de cadre pour en discuter avec lui. Il va falloir attendre la prochaine Journée dans deux ans. Les producteurs ayant perdu une partie de la confiance des sociétés cotonnières, il n’est pas sûr qu’entre eux et elles, le dialogue puisse réellement s’installer et produire des résultats. L’adage ne dit-il pas de ne pas remettre à demain ce qu’on peut faire aujourd’hui ? Le plus tôt est donc le mieux afin que chacun fasse le choix de ce qu’il va produire.

Dabaoué Audrianne KANI



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