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Après trente ans de pouvoir, voici le jour où El-Béchir n’est plus président !

12/04/2019
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Il a fallu que les Soudanais soient, cette fois-ci déterminés, et que l’armée prenne ses responsabilités pour qu’enfin, le Soudan puisse se débarrasser d’un Omar El-Béchir. Celui-là qui, durant trente ans, a dirigé de main de maître son pays. Toutes les tentatives, coups d’Etats et sanctions internationales, n’avaient jamais eu raison de ce timonier qui ne reculait pratiquement jamais devant rien. Depuis hier jeudi 11 avril 2019, El-Béchir n’est plus président du Soudan. La plus importante question ne se pose certainement pas à ce niveau. Mais comment gérer l’après-El-Béchir? Même par un coup d’Etat, on n’efface pas d’un coup d’éponge trente ans de pouvoir. Aussi, l’armée qui a pris le pouvoir doit pouvoir convaincre les Soudanais à la soutenir. Mais cela passe d’abord par la « neutralisation » du système mis en place par le pouvoir déchu. Ce qui n’est pas évident.

En effet, comme en Algérie, ceux qui ont chassé Omar El-Bechir du pouvoir vont se retrouver face, d’une part à la rue (qui peut croire que l’armée a volé sa victoire) et d’autre part, face à la constitution du pays et à la communauté internationale qui acceptera difficilement que les militaires dirigent la transition. A moins qu’ils n’acceptent de mettre en place un gouvernement d’Union nationale après des concertations élargies. Ce qui est évident, est que les Soudanais n’ont plus le choix que d’aller jusqu’au bout de ce qu’ils ont débuté. Tout en préservant la paix et en assurant les libertés fondamentales. Car, c’est grâce à ces libertés (même si c’est aux forceps) que les Soudanais ont manifesté et que, elle, armée en profite pour destituer El-Bechir.

Trente ans après, les Soudanais qui n’en pouvaient plus, ont mis leur président à la porte. C’est la preuve, si besoin en est, que les longs règnes au pouvoir ne seront plus acceptés en Afrique. La jeunesse ayant pris ses responsabilités. Même si, au finish, c’est l’armée qui prend la dernière décision. De même, après la fin des longs règnes, il est presque sûr que les prochains présidents à chasser du pouvoir seront ceux qui ne produiront pas de résultats. Autrement, quand on prend un engagement de trouver des solutions aux préoccupations de ses concitoyens, on doit faire l’effort de le faire. A défaut, qu’il y ait des raisons convaincantes pour se justifier.

Denis Sassou NGuesso du Congo-Brazzaville (34 ans de pouvoir), Idriss Deby Itno du Tchad (28 ans de pouvoir), Paul Bya du Cameroun (37 ans de pouvoir), Teodoro Obiang Nguema de la Guinée équatoriale (40 ans de pouvoir) sont les véritables concernés; pour ne pas dire qu’ils sont «dans l’œil du cyclone». Faure Yassingbe du Togo (13 ans) et Ali Bongo Ondimba du Gabon (10 ans), même s’ils ne sont pas directement concernés, du fait qu’ils ont succédé à leurs pères au pouvoir, peuvent être considérés à tort ou à raison comme de potentielles menaces. Car, outre les vieilles têtes, les manifestants ne veulent plus des anciens systèmes. D’autres présidents insoupçonnés doivent se sentir menacés car, par endroits, les insatisfactions des populations sont patentes. Comme quoi, même si la démocratie n’est pas faite pour les Africains, ils sont conscients de la nécessité pour eux de prendre désormais leurs responsabilités en mains. Pour garantir l’avenir, parfois au prix de leur vie!

DabaouéAudrianne KANI



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