Dunia : Bénin, la démocratie en danger

03/05/2019
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Le moins que l’on puisse dire est que le pays de Mathieu Kérékou est en train de vivre depuis ce dimanche dernier l’une de ses mauvaises pages en matière de démocratie. Pour des raisons administratives contenues dans le nouveau Code électoral, les partis de l’opposition n’ont pas pu prendre part aux législatives. Qui ont finalement opposé deux partis politiques, tous proches du président Patrice Talon. Le résultat à l’issue du scrutin est que le taux de participation est le plus faible depuis le retour du pays au multipartisme en 1990. Soit un taux de moins de 23%, selon la Commission électorale nationale autonome (CENA). Du coup, la représentativité, pour ne pas dire la crédibilité du scrutin est suffisamment entamée. C’est ce qui fait dire à l’ancien président Yayi Boni que cette Assemblée nationale ne sera pas installée. Au cas contraire, Patrice Talon va «marcher sur nos corps pour l’installer».

A l’analyse, et selon de nombreux observateurs de la scène politique béninoise, c’est la toute première fois que des élections se tiennent dans un contexte de ce genre au Bénin. Si généralement les élections constituent des moments festifs pour les Béninois, cette fois-ci, ce ne fut pas le cas. Car, véritablement, ces législatives ont contribué à creuser le fossé entre l’opposition et le pouvoir et opposé les Béninois. Mercredi en début d’après-midi, la police avait encerclé le domicile de Yayi Boni. Si pour les opposants et certains Béninois c’était pour l’arrêter, pour le pouvoir, c’est parce que ce dernier prévoyait d’organiser une marche. Il n’en fallait pas plus pour que les Béninois descendent dans les rues, érigent des barricades, brûlent des pneus sur les voies, incendient et pillent des commerces. En réponse, les forces de défense et de sécurité ont fait usage de gaz lacrymogènes.

Si Patrice Talon ne veut reculer, l’opposition non plus ne veut faire marche arrière sur sa position d’empêcher l’installation de la nouvelle Assemblée nationale.

Pour ne pas le dire, on peut considérer que le pays est dans une crise politique. Du fait du pouvoir qui, sans doute, a usé de tous les moyens pour écarter l’opposition politique des élections.

Dénis Dafranius SANOU

 



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