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Déclassement partiel de la forêt classée de Kua : Il faut savoir raison garder !

07/05/2019
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Le déclassement partiel de la forêt classée de Kua pour y ériger l’hôpital de référence de Bobo-Dioulasso continue de faire de gorges chaudes. Le sujet a fait l’objet d’une question orale du député Moussa Zerbo au ministre de l’Environnement et de l’Economie verte Batio Bassière, vendredi 3 mai 2019. En sa qualité de représentant du peuple, l’honorable s’est fait le devoir de porter les inquiétudes de populations bobolaises quant au déclassement d’une de ses forêts classées, fût-t-il partiel! Rien de plus légitime que les populations se soucient de la gestion du patrimoine national.

Au-delà de toute passion et polémique, il convient de s’attarder quelque peu sur l’essentiel. De quoi s’agit-il exactement? Tout est parti d’une correspondance du ministre de Santé demandant l’avis du maire de la commune de Bobo-Dioulasso pour le déclassement partiel de la forêt classée de Kua en vue de la construction de l’hôpital susmentionné. Le bourgmestre de la capitale économique, Bourahima Sanou, convoque une session extraordinaire de son conseil pour statuer sur la question, le vendredi 19 avril 2019. Le collège de conseillers donne un avis favorable pour le déclassement de 16 ha de ladite forêt. Très vite, l’information se repend sur les réseaux sociaux, avec une déformation de taille. L’on ne parle plus «d’avis favorable» du conseil municipal. Mais, plutôt de «décision» du conseil municipal de déclasser partiellement la forêt. Toute chose dont le maire n’a pas compétence. Est-ce à dessein ou non? Toujours est-il que cela a fait l’effet d’une bombe, au point que la représentation nationale saisisse le ministre pour avoir le cœur net. Et le ministre en charge de l’Environnement, Batio Bassière de répondre: «nous n’avons pas été saisi d’un dossier» de déclassement de la forêt de Kua.

Cela ne signifie pas que le dossier est clos. Certainement que le ministre de la Santé a reçu ou va recevoir l’avis favorable du conseil municipal de la cité de Dafra. Ce qui lui permettra de compléter son dossier et de le soumettre à son collègue en charge de l’Environnement. A son tour, avec ses techniciens, le ministre Bassière l’examinera avant de le déposer sur la table du Conseil des ministres qui avisera. Si le Conseil des ministres juge la demande pertinente, il soumettra alors le dossier à l’Assemblée nationale pour adoption de la loi de déclassement. Il ne restera plus alors au président du Faso Roch Marc Christian Kaboré de la ratifier dans le délai de 21 jours. A ce stade, il n’est pas superflu de rappeler que l’objet de cette démarche est la construction d’un hôpital qui sera des plus modernes à Bobo-Dioulasso, sur financement de la coopération chinoise. Tous les acteurs impliqués dans le processus de déclassement savent les tractations qu’il y a eues avec la partie chinoise pour s’accorder sur un site. Les choses ne peuvent plus traîner éternellement. Il va falloir trancher une bonne fois pour toutes. Car, cette question du site de ce projet n’a que trop duré. L’on se souvient qu’un site sur la route de Léguéma, village rattaché à la commune de Bobo-Dioulasso avait été envisagé. Que n’a-t-on pas entendu dire? «Le maire veut envoyer l’hôpital de référence de Bobo-Dioulasso dans son village», Léguéma, d’où il est natif. Les Bobolais doivent arrêter de «boxer en dessous de la ceinture». Pour tous ceux qui connaissent la ville de Bobo-Dioulasso, quel espace y a-t-il au cœur de la cité pour accueillir une infrastructure d’une telle envergure? Absolument pas! Veulent-ils de cet hôpital ou pas? Si oui, il faut bien le construire quelque part. Auquel cas, il faut accepter l’avis favorable du conseil municipal. Certes, la forêt classée est bien nationale et utile pour la population. Le futur hôpital sera tout aussi un national, et tout aussi utile à la population. Alors, sachons raison garder! Car, selon un célèbre adage, «l’on ne peut faire d’omelette sans casser des œufs».

Aly KONATE

alykonat@yahoo.fr

 



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