Flash Info utane

 Burkina/ Gratuité des soins: Un agent de santé arrêté avec 4360 boîtes d'Artesun détournés. Jeux de la Francophonie: Le Burkina Faso termine 10ème   


Monsieur le ministre, maintenant vous avez compris !

10/05/2019
00:00

« Il n’y a plus d’espaces à lotir à Ouagadougou. Il faut que les Burkinabé apprennent à loger en commun ». C’est en substance, entre autres considérations, ce que le ministre Dieudonné Bonané a dit au cours de sa conférence de presse ce mardi 7 mai à Ouagadougou. On peut ainsi dire que le ministre a enfin compris que les lotissements ou les aménagements fonciers, par les agences immobilières ou par l’Etat, tels qu’ils le sont actuellement, ne sont pas une réponse à la préoccupante question du logement au Burkina. Au contraire, ces politiques en la matière contribuent à aggraver la situation.

En 1985, le Burkina Faso comptait au maximum 8 millions d’habitants sur une superficie de 274 200 km2. En 2019, le même pays compte plus de 20 millions d’habitants sur les mêmes 274 200 km2. Ce qui veut dire que la population a presque doublé. Mais la superficie du pays n’a pas augmenté. Malheureusement, c’est sur le même territoire de 274 200 km2 que nous devons construire nos maisons, cultiver pour nous nourrir (en sachant que les superficies à emblaver ont augmenté), faire paître les animaux (qui ont eux aussi augmenté de nombre), créer des cimetières (dont le nombre est de plus en plus croissant au regard du nombre de décès qu’on enregistre par jour).

Il est donc compréhensible qu’il n’y ait plus d’espaces à Ouagadougou pour offrir des parcelles à ces nombreux Burkinabé qui le veulent. Même à Bobo-Dioulasso, la terre manque. Alors qu’il y a des années, il y avait suffisamment d’espace. La situation que vit Ouagadougou va arriver à Titao, à Arbinda, à Kantchari, à Mangodara, à Menebdo, à Kassan et à Nansièko. Si ce n’est déjà le cas!

La politique actuelle d’urbanisation n’est pas la bonne. On ne doit plus permettre à des agences immobilières de s’approprier des centaines d’hectares avec des propriétaires terrains, pour y construire des maisonnettes. La politique en matière d’urbanisme ou d’immobilier doit constituer à promouvoir les constructions en hauteurs, sous forme d’appartements dans lesquels les Burkinabé ne refuseront pas de loger. D’ailleurs, un appartement ça se vend! Il est temps d’anticiper. On ne peut plus continuer de lotir et offrir des parcelles à des gens à qui d’ailleurs on ne donne pas les moyens d’y construire des habitations dignes de ce nom pour se loger. Il est inutile d’offrir une parcelle à quelqu’un qui ne peut pas y construire un logement. La constitution reconnaît le droit au logement décent et le droit à une parcelle. C’est à l’Etat de prendre ses responsabilités au lieu de croire que des opérateurs immobiliers, qui ne sont que des commerçants, vont offrir des logements décents aux Burkinabé.

En disant qu’il n’y a plus d’espaces à Ouagadougou, le ministre Bonané a mis le doigt sur le vrai problème qui se pose déjà au Burkina. Quand on parle de pression foncière, c’est parce qu’il y a la pression démographique. Et nous devons comprendre que tôt ou tard, la terre va «finir»! Tout le monde ne peut être attributaire d’une parcelle. Par contre, chacun et tous pouvons bénéficier d’un logement décent.

Dabaoué Audrianne KANI

 



41
Partager sur Facebook

B Commentaires - Soyez le premier à commenter -

Recherche

Derniers articles

Après Naaba Sonré du Boussouma, c’est le Kupiendieli du Gulmu

Ils avaient plusieurs points en commun. D'abord, ils sont tous rois. Tous les deux trente-unième de leur lignée. L'un du Boussouma, l'autre du Gulmu. I...

19/08/2019

Gouvernement/Syndicats, l’échauffement en attendant la rentrée

Au cours d'une conférence de presse ce mardi 13 août 2019, l'Unité d'action syndicale (UAS) a taclé le gouvernement en le traitant de « méprisant » et ...

16/08/2019

Ce qui s’est passé à Youga est extrêmement grave

Suite à la mort d'une personne étrangère sur laquelle un vigile aurait tiré dans l'enceinte de la mine d'or de Youga, des populations énervées n'ont pa...

14/08/2019

Portrait

Conseil des ministres

Vidéos





00:55:43