Burkina Faso, quand l’Etat ne gouverne plus!

13/05/2019
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La cérémonie d’ouverture du 20e anniversaire du Centre national des spectacles et des arts (CENASA) n’a pas eu lieu dans la matinée du vendredi comme cela était prévu. Les membres du Syndicat national des travailleurs de la culture, des arts et du tourisme l’ont perturbé. Exigeant ainsi du gouvernement la satisfaction d’un protocole d’accord signé en 2017. Et ce n’est pas la première fois que ces syndicats manifestent.

À La Poste Burkina Faso, les agents ont tout simplement chassé comme un lapin, le Directeur général. Au motif que c’est lui la cause ou source de tous les malheurs qu’ils vivent sur leurs lieux de travail. Malgré la détermination du Conseil d’administration à faire reprendre par le DG son poste, les travailleurs, réunis dans leur syndicat, sont aussi déterminés à ne plus le voir au bureau. Engageant ainsi un bras de fer! Qu’on attend de voir qui va l’emporter. En tout cas, les travailleurs disent qu’ils maintiennent leur mot d’ordre de grève tant que le DG sera à son poste.

À Bobo-Dioulasso, l’affaire n’a pas suffisamment été relayée. Le ministre des Enseignements supérieur et de la Recherche scientifique nomme un nouveau Directeur régional du Centre national des œuvres universitaires. Les travailleurs et une partie des étudiants s’y opposent. Ils ne veulent pas que l’ancien Directeur régional qu’eux-mêmes n’ont pas nommé soit relevé de ses fonctions. Engageant ainsi un bras de fer dont attend de connaître l’issue définitive.

À l’analyse de ces trois cas, ce sont les travailleurs qui ont décidé de la marche de l’administration contre l’administration elle-même; et on peut alors en déduire qu’il y a un véritablement problème. L’Etat ne gouverne plus! A l’observation, on se rend compte qu’il n’a pas de solution autre que de suivre les desiderata des travailleurs syndiqués; et dans presque tous les ministères. On peut en déduire également que l’Etat est le principal fautif. En termes clairs, quand dans un foyer, le chef de famille ne décide pas, ce sont les enfants qui le remplacent. Là n’est pas seulement le problème. Le problème, c’est quand les enfants eux-mêmes n’ont pas de solution et demandent en retour au chef qu’ils ont remplacé d’en trouver! Et que lui-même n’a pas! Par leurs responsabilités respectives, les deux mettent en péril l’existence même de la famille. Et c’est le cas qu’on vit actuellement au Faso. Les travailleurs demandent à l’Etat de trouver des solutions à leurs préoccupations. Celui-là même qu’ils accusent d’«être le problème». Où va donc le Faso ? On a l’impression de se retrouver à la veille de l’insurrection, en pleine période où les Organisations de la société civile décidaient de ce que le gouvernement ou chaque ministre devait faire. Aujourd’hui ce sont les syndicats qui prennent ce relais. Allons seulement, pourvu qu’on y arrive!

Dabaoué Audrianne KANI

 



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