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Malgré tout, on est resté débout !

14/05/2019
00:00

Il est peu de dire que les Burkinabè se sont réveillés hier lundi 13 mai dans la douleur, dans la peine, mais pas dans le découragement ni dans la résignation. Car, ils sont conscients que ce n’est pas dans cette posture qu’ils gagneront la lutte contre le terrorisme. Ils ont aussi compris que cette lutte doit être menée par eux-mêmes car ils sont les premiers concernés. C’est pourquoi, unanimement, ils ont condamné ces actes barbares dont l’objectif visé est de les opposer les uns aux autres. C’est d’ailleurs pour cette raison que les terroristes ont choisi des cibles coutumières et religieuses. Ils savent très bien que les Burkinabè sont très sensibles quand il s’agit de religion, de personnalités coutumières et de leaders d’opinion. On en déduit que les terroristes connaissent bien nos habitudes, qu’ils vivent avec nous et sont des nôtres. N’est-ce pas ce qui rend la lutte si difficile?

Après «Otapuanu» à l’Est qui a permis de mettre un peu d’ordre dans cette partie du pays, on espère qu’avec «Ndofou», le mal sera déraciné. D’ailleurs nous n’avons pas le choix. C’est pourquoi, nous devons mettre toutes les chances et tous les moyens de notre côté pour réussir cette opération. Il est fait appel aux populations des zones concernées de collaborer avec les forces de défense et de sécurité, qui sont là pour les sécuriser et leur épargner cette triste situation que nous vivons. Y a-t-il un Burkinabè fier d’entendre tous les jours, chaque semaine, chaque mois que des Burkinabè ont trouvé la mort du fait du terrorisme? Y’en a-t-il qui sont fiers de savoir que des enfants, du fait de cette guerre inutile, ne vont pas à l’école et risquent ainsi de voir leur avenir hypothéqué? Y en a-t-il encore qui sont contents parce que des infirmiers, des enseignants, des hommes de Dieu sont enlevés, blessés ou tués du fait du terrorisme?

Les Burkinabè, comme un seul homme, ne doivent pas accepter ce qu’on leur impose. Jamais! Cette situation doit nous permettre de nous serrer les coudes, de nous retrouver, de mettre de côté nos égos, pour ensemble coaliser et sauver notre pays. Actuellement, on peut croire que c’est Roch et sa majorité qui sont au pouvoir et que par conséquent, «c’est leur problème». C’est faux! Qui dit que demain, quand ce ne seront pas les mêmes au pouvoir, le terrorisme va prendre fin? C’est pourquoi, si on veut être en paix demain, c’est aujourd’hui que nous devons mener le combat; tous ensemble!

Les élections, c’est en 2020. Si le territoire n’est pas sécurisé dans son entièreté, peut-on parler d’élection avec une partie des Burkinabè sans les autres? La campagne agricole est en train de s’installer. Les producteurs peuvent-ils vaquer à leurs préoccupations tant que la situation est si inquiétante ? C’est, véritablement pour ceux qui n’y croient pas encore, l’intégrité et la survie même de notre pays qui sont menacées.

Dabaoué Audrianne KANI



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