Quand le président Roch et son équipe font pitié !

15/05/2019
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On peut facilement imaginer aujourd’hui l’état d’esprit dans lequel se trouvent le président Roch Marc Christian Kaboré, son entourage et les partis membres de la majorité présidentielle qui l’accompagnent. Depuis le début du mandat, ils sont assaillis de toutes parts. Chacun et tous veulent qu’ils trouvent des solutions à leurs problèmes respectifs, exactement comme ce fut le cas à la veille de l’insurrection et pendant la courte période de la Transition. Et quand ils en trouvent quelques-unes de ces solutions, d’autres problèmes surgissent ailleurs! A tel point qu’on peut comparer la situation que vit en ce moment le pays à la vieille chambre-à-air usée d’un ancien ministre de Blaise Compaoré. En effet, face à la crise permanente que vivait le pays à la veille de l’insurrection, il avait imagé la situation en disant qu’elle ressemblait à une vieille chambre-à-air qui, quand on croit qu’on l’a collée et qu’on peut redémarrer, elle crève encore ailleurs. C’est exactement cette situation que vit le président Roch.

Quand des syndicats revendiquent, dès qu’il trouve des solutions, même suffisamment négociées et compréhensibles, d’autres syndicats se soulèvent ailleurs et pensent qu’on peut et qu’on doit trouver des solutions à leurs problèmes à eux aussi! C’est ainsi que presque l’ensemble des corps de métiers sont allés en grève. Tout a commencé par la signature du statut des magistrats négocié et obtenu sous la Transition. Sans doute qu’il a senti où ça pouvait aller, Michel Kafando a refilé «la patate chaude» à Roch qui, croyant bien faire, a signé sans attendre. Résultats? Tout le monde revendique! Puis est arrivée «l’affaire du Fonds commun». Un Fonds commun qui, après avoir été supprimé dans sa forme d’avant est revenu sous forme de primes d’encouragements aux travailleurs du ministère de l’Economie et des Finances. Il n’en fallait pas plus pour que tout le monde, même les plus modérés, durcissent le ton des revendications.

Alors que sur le front social tout bouge à un rythme incontrôlé, sur le plan sécuritaire, les choses ne s’améliorent pas non plus. On pourrait même dire qu’elles s’aggravent de jour en jour. Les attaques se répètent à un rythme aussi incontrôlable que les mouvements sociaux. Personne, ni aucune confession religieuse ou coutumière n’est épargnée. Donnant l’impression à ce niveau que les terroristes ont bien organisé leur affaire, puisque ce sont eux qui dictent les stratégies que doivent adopter nos Forces de défense et de sécurité.

Pendant ce temps, Roch doit dérouler le programme pour lequel il a été élu président du Faso en novembre 2015. Si programme il y a encore! Car, tout porte à croire qu’on lui en a imposé un, qui n’est pas le sien. Alors qu’il doit rendre compte dans un peu plus d’une année, le temps joue en sa défaveur. Sa candidature à la prochaine élection présidentielle ayant déjà été déclarée par lui-même. Comme on peut donc le voir, le président Roch, fait pitié. Mais ce n’est pas surprenant car nous n’avions cesse d’écrire depuis 2013, et pendant la transition, que le prochain président du Faso allait «avoir chaud». Voilà que Roch a chaud!

Dabaoué Audrianne KANI



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