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Mendicité : Une pratique vitale à Bobo

16/05/2019
00:00

Le lundi 13 mai 2019, comme tous les autres jours, des mendiants sillonnent la ville à la recherche de leur pitance. Réservée à une classe précise au départ, la mendicité a pris une autre dimension de nos jours.

Assis sur un carton au bord du goudron, Madou Konaté est exposé aux risques de la circulation, à la poussière et au soleil. Madou demande la faveur des passants. Et c’est sur un ton pitoyable qu’il raconte son parcours historique:«je suis né le 14 juillet 1943 à la fin des travaux forcés. Je n’ai ni les moyens, ni personne pour me prendre en charge, et j’ai le diabète. Alors je suis obligé de mendier pour subvenir à mes besoins; cela fais 10 ans maintenant que je mendie». Nombreux sont comme Madou Konaté à pratiquer la mendicité pour survivre, au regard de leur handicap. Les personnes infirmes ne sont pas les seules à pratiquer la mendicité. Ce phénomène concerne aussi bien les enfants communément appelés les Garibous. A les voir dans la rue, certains font pitié. Habillés de vêtements décousus, tenant une sébile en main, ils passent de porte en porte pour mendier. Ils chantent «Allah Garibou» pour implorer la miséricorde Divine. Haram Diallo raconte son quotidien:«mon papa m’a amené chez le maître coranique pour qu’il m’apprenne à lire le coran. Pour que j’ai une connaissance du Coran. Ce dernier me charge d’aller mendier et de lui rapporter une certaine somme, sous peine de punition. Pour d’autres personnes, la mendicité est un phénomène culturel. Comme le cas de Fatimata, qui est mère de filles jumelles. Elle fixe les passants avec un regard implorant. Fatimata explique les motifs de sa présence: «je viens régulièrement m’asseoir ici depuis que j’ai accouché de mes jumelles, parce que c’est un fait culturel. Et c’est indispensable pour maintenir la santé de mes filles et la mienne. Franchement dit, m’asseoir ici, je n’aime pas; pour mes enfants, je suis capable de tous les sacrifices car elles sont ma raison de vivre». A tort ou à raison, nombreuses sont ces femmes que les habitudes culturelles obligent à mendier. Mamouna, mère de jumeaux explique:«c’est vraiment une obligation pour moi de sortir avec mes enfants. Je dois au moins deux fois par semaine, faire promener mes bébés au péril de les perdre. Sinon je me reposerai bien».

Mariam Diamila TRAORE/ Stagiaire



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