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Grève du SYNTSHA : Pas de service minimum à Dassasgho et à Wemtenga

22/05/2019
00:00

Le Syndicat des travailleurs de la Santé humaine et animale est en grève depuis ce mardi 21 mai 2019. Une grève aux allures inhabituelles car sans service minimum. C’est le constat que nous avons fait en nous rendant dans deux services sanitaires de quartier, notamment le dispensaire urbain de Wemtenga et le CSPS de Dassasgho.

 

Le premier jour de la grève des agents de Santé, le constat est clair au niveau du CSPS de Dassasgho et au dispensaire de Wemtenga. Le mot d’ordre est suivi à cent pour cent. A l’approche de ces deux structures sanitaires, on se rend vite compte que les choses ne sont pas comme les jours ordinaires. Pas de motos au parking, et des haut- parleurs qui se transforment en service de renseignements pour patients. Au dispensaire de Wemtenga, pour se rendre compte qu’il n’y a pas de service, le grand portail qui d’habitude reste toujours ouvert quelle que soit l’heure, est fermé. Dans la cour on n’a pas besoin d’aller dans les salles; on peut directement apercevoir des infirmières à la cafétéria en train de discuter et d’autres, rentrant chez elles. «On ne travaille pas aujourd’hui parce que nous sommes en grève», nous dit notre interlocuteur. Elle ajoutera «Il n’y a personne, les responsables ne sont pas venus». De retour, nous croisons une jeune fille qui venait pour un certificat de visite et de contre-visite, afin de déposer ces dossiers pour un test de recrutement. A sa grande surprise, personne n’est là pour lui procurer le document précieux. C’est très inquiète qu’elle retournera chez elle. C’est aussi le même constat lorsque nous sommes arrivés au CSPS de Dassasgho, malgré que son parking soit vide, le haut-parleur vous invitera à aller voir à l’intérieur car les portes sont ouvertes. En effet, même s’il n’y a pas grand monde, les portes de la maternité, de la SMI et du dispensaire sont largement ouvertes. Mais à l’intérieur personne: aucun agent de Santé n’est présent à l’exception de l’ICP des lieux. Et c’est avec elle que nous avons pu échanger. Très amicale, elle a répondu à notre sollicitation. Pour elle le constat est désolant, il n’y a personne; même pas de service minimum. Elle aurait souhaité avoir un service minimum mais hélas! «Nous avons des stagiaires, mais qui n’ont pas encore de diplômes donc, ils ne peuvent servir qu’en présence d’un titulaire alors qu’aucun titulaire n’est là». «Seul le dépôt pharmaceutique fonctionne», nous indiquera-t-elle. Au dépôt pharmaceutique aussi, il n’y a pas assez de clients. Ils viennent au compte-goutte; et comme il n’y a pas de prescription, les gens ne viennent seulement que pour du paracétamol. «D’habitude la grève n’est pas aussi suivie que ça, mais pour la première fois ici tout est désert», nous dit l’infirmière chef de poste (ICP) des lieux.

Cette grève fait l’affaire des cliniques

Pendant que nous échangeons avec l’ICP du CSPS de Dassasgho, un homme se présente devant elle. Un accidenté qui venait pour ses pansements. «Nous sommes en grève et si ce n’est pas le lundi, il n’y a pas de service», lui dit la responsable des lieux. Elle lui suggéra d’aller soit au Juvénat qui se situe à 500 m du CSPS ou dans une clinique. En effet, nous avons compris que faute de personnel pour les soins, la majore se voit dans l’obligation de diriger certains patients vers les centres de santé privés plus proches ou dans la clinique la plus proche. Ainsi, elle se renseignera pour voir combien coûte un pansement en clinique. «Ça dépend de la plaie», lui rétorque son interlocuteur; mais selon lui, les frais commencent à partir de 500 FCFA. Ce qui fait l’affaire des centres privés de santé. C’est dans cet état que se trouvent ces deux structures lors de notre passage, au premier jour de grève du Syndicat des travailleurs de la Santé humaine et animale.

Firmin OUATTARA



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