
Cinq morts. Des vies arrachées à des familles inconsolables. Des dégâts matériels importants. Houndé a vécu le pire ce 23 juin 2026 après une pluie, pas du tout bienfaisante. Plus de 140 millimètres d’eau tombée en ce début de saison. Quand on sait que ce n’est pas encore la période des grosses pluies, on est en droit de craindre que la situation ne soit plus grave les mois à venir. Et là, ce n’est Houndé seulement qui est concernée. Mais l’ensemble du pays. La météo a prévenu de la probabilité « d’événements extrêmes, notamment des vents violents et des pluies intenses » comme celle que Houndé a connue. Ces pluies « intenses » pourraient naturellement causer des inondations dans les grandes agglomérations, dont Houndé fait partie. En outre, la saison des pluies pourrait connaitre une recrudescence de maladies vectorielles telles que le paludisme et la dengue.
Autant dire que Houndé n’est qu’un signal fort venu nous prévenir de ce qui pourrait arriver au cours de la saison des pluies qui débute paradoxalement timidement. En vérité, ce n’est pas la première fois que la météo nous prévient quant aux inondations, dégâts et autres catastrophes qui surviennent pendant la saison des pluies. Malheureusement, chaque année, nous subissons, en victimes prévenues, les conséquences des inondations alors que on aurait pu prendre des dispositions. Est-ce à dire que là aussi on attend encore que l’Etat vienne nous déloger des bas-fonds et autres zones à risque que nous habitons ?
Il est presque difficile à prévoir et de faire face à 100% aux inondations car elles proviennent des effets du dérèglement climatique naturel dont les météos les plus puissantes ne peuvent prévenir avec exactitude. Mais, lorsqu’on a bâti son habitation dans une zone inondable, on doit visiblement s’attendre à en être victime. Dans ces conditions, qui de l’Etat ou des habitants doit prendre ses responsabilités ?
Les collectivités territoriales, à travers elles l’Etat, sont est en partie responsables pour avoir autorisé des lotissements jusque dans les lits des rivières et des marigots sans construire les canalisations nécessaires pour le drainage des eaux pluviales. Les habitants en eux aussi leur part de responsabilités d’abord pour avoir accepté d’habiter dans des zones inondables. Ensuite, quand il y a des caniveaux, ils sont les premiers à les boucher et à obstruer le passage des eaux par les ordures ménagères ou tout autre déchet solide.
Quant aux maladies vectorielles qui sont elles aussi annoncées au cours de cette saison des pluies, il existe des comportements très simples pour s’en prémunir. Eliminer toutes les eaux stagnantes dans les concessions, dormir sous moustiquaire imprégnée et consulter dans un centre de santé en cas de fièvre ou e symptômes suspects. Malheureusement, très peu de Burkinabè observent ces gestes-là. Est-ce l’Etat qui doit encore venir éliminer les eaux stagnantes dans nos cours ou nous contraindre à dormir sous moustiquaire imprégnée ?
La météo nous a prévenus depuis avril de ce qui allait arriver. Le ministère de la Santé a lancé la campagne de chimio-prévention pour les enfants de moins de cinq ans. Les inondations de Houndé et les conséquences qu’on a connues sont venues confirmer ce que la météo avait prévu. que chacun prenne ses responsabilités.
Dabaoué Audrianne KANI