
Au Burkina Faso, il y a de ces tubercules qu’on ne voit qu’en saison des pluies. Parmi ces nombreux produits figure le taro, un tubercule très apprécié par les consommateurs et les vendeurs pour les revenus qu’il procure. Une équipe de L’Express du Faso est allée à la rencontre de commerçantes de taro, le lundi 29 juin 2026 au marché de fruits et légumes afin de connaitre l’approvisionnement et la commercialisation de ce tubercule.
Il est 10 heures, lorsque nous sommes arrivés au marché de fruits et légumes de Bobo-Dioulasso. Sous un hangar, plusieurs femmes sont assises devant des tas de taros. Entre cris de commerçants et chargements de marchandises, les activités battent leur plein. Certains accueillent les clients tandis que d’autres procèdent au tri et au nettoyage des tubercules avant la vente. Nous nous sommes approchés d’une vendeuse détaillante de taros et de patates, juste à l’entrée Est du marché pour lui arracher quelques mots. Assise seule devant ses marchandises, Korotoumou Traoré, vendeuse de taro depuis une vingtaine d’années, explique que cette activité constitue sa principale source de revenus. « Nous venons très tôt au marché pour nous installer avant l’arrivée des clients. C’est grâce à cette vente que je suis arrivée à nourrir ma fille et à la scolariser jusqu’à ce qu’elle se marie », confie-t-elle. Elle dit s’approvisionner auprès de grossistes, et que le marché est pour le moment abordable vu que le taro vient de sortir sur le marché. « Je dispose mes taros selon les petites tailles et les grandes tailles et les prix sont de 500f, 1000F et 2000f. Les gens l’adorent et le trouvent succulent », indique t’elle.
« Les taros viennent du Burkina Faso »
Comme Korotoumou, les détaillantes s’approvisionnent généralement auprès des grossistes installés dans le même marché. Ces dernières reçoivent les marchandises en provenance des zones de production situées notamment dans les régions des Tannounyan, du Guiriko et autres localités de l’Ouest du Burkina Faso. Grossiste depuis près de dix ans, Mariame Diabaté explique. « Les sacs de 50kg de taro qui provient de Samorogan coûtent 17500F et je les revends à 18000F. Ceux de Orodara coûtent 18000F et je les revends à 18500F », a-t-elle laissé entendre. Elle ajoute que ce tubercule bat son plein pendant la saison pluvieuse. Partout dans les artères de la ville de Bobo-Dioulasso, le commerce du taro continue ainsi de faire vivre de nombreuses familles. Entre grossistes et détaillantes, toute une chaîne économique s’organise autour de ce tubercule très prisé des consommateurs. Notre quête d’information nous amène vers une vendeuse de taro prêt à être consommé. Entourée de ses clients, Awa Sanou martèle : « C’est mon travail depuis plusieurs années. Je sors le matin dès 07 heures et d’ici 12 heures tout est fini. Le marché est très abordable », explique-t-elle. Parmi ces clients, une consommatrice, Sanata Diabaté nous explique. « J’aime beaucoup consommer le taro. Je peux le faire bouillir tout comme je peux le frire. Chaque jour quand elle passe, je paie. Je m’arrêterai le jour où je n’en aurai plus envie », raconte-t-elle en éclat de rire.
Les difficultés rencontrées
L’une des principales difficultés reste la conservation du produit. Le taro peut rapidement se détériorer lorsqu’il est mal conservé. « Si nous ne vendons pas rapidement, ils commencent à pourrir. Cela représente des pertes importantes pour nous. Nous souhaitons un accompagnement des autorités à travers des formations sur les techniques de conservation », plaide Fatoumata Sanou, une détaillante.
Estelle Wende Mi KOUTOU