Dans la ville de Bobo-Dioulasso, tout comme dans d’autres villes du pays, les usagers sur les voies de circulation utilisent des moyens pour faciliter la compréhension entre eux lors des virages dans les intersections. Les clignotants, qui équipent les engins à deux roues ainsi que les voitures, ne servent plus de signaux pour indiquer les directions. Un constat sur cette situation a été effectué pour s’imprégner de la réalité en circulation.
Les clignotants des motos, des voitures ou autres moyens de transport ont pour but de montrer aux autres usagers sur le même axe la direction que l’on a l’intention de prendre. Pourtant, l’usage de ces outils ne semble plus s’imposer pour une partie des usagers dans la circulation à Bobo-Dioulasso, bien que ce procédé permette de communiquer les intentions de changement de direction. À la place des clignotants, les bras sont sollicités pour indiquer que l’on va tourner à droite ou à gauche. Il arrive de même d’apercevoir des conducteurs de voitures sortir le bras par la vitre pour indiquer le changement de direction.
Pour expliquer ce comportement, Sadok John Traoré se justifie. «J’utilise mes bras pour tourner car, certains sont distraits en circulation et ne font pas attention aux clignotants. C’est pour cela que je sors la main pour qu’ils me voient avant de tourner », a-t-il fait savoir.
Cette explication met en évidence le fait que la vigilance des usagers de la route influe sur les choix de signalisation utilisée pour mieux se comprendre les uns et des autres dans la circulation. Certains conducteurs estiment parfois que le geste du bras capte l’attention de l’entourage plus que la lumière d’un clignotant.
Si une partie de la population renonce à utiliser les clignotants par crainte du manque d’attention de la part des autres usagers de la route, une frange de la population fait face à une absence de fonctionnement de ces équipements sur leurs moyens de transport. Ce dispositif de signalisation ne fonctionne plus ou a disparu depuis des années des engins qui continuent pourtant de circuler dans la ville.
Selon Adama Malo qui circule sans clignotant, « j’ai mon clignotant qui ne fonctionne plus depuis un moment, Comment tourner sans clignotant, si c’est avec mon bras ? Je signale avec le bras avant de tourner sans causer d’accident de circulation ».
Ce témoignage montre comment le recours à l’utilisation du corps remplace la panne de clignotant pour éviter les collisions et maintenir la sécurité en circulation. Dans les faits, les gestes des bras se substituent aux clignotants et créent un code de communication propre entre usagers de la route de Bobo-Dioulasso. Cette situation montre que la nécessité d’indiquer la direction à suivre l’emporte sur l’état défectueux des clignotants, et que les usagers de la route s’adaptent pour se préserver des accidents dans les croisements.
Judicaël DOFINI
