Ils sont allées ils ont vu, malheureusement ils ne feront rien

L’un des avantages de la campagne présidentielle et législatives est que les candidats vont dans des localités du pays où ils ne seront allés n’eut été cette campagne. Autrement, c’est parce qu’ils veulent être élus président du Faso ou député à l’Assemblée nationale qu’ils vont à la rencontre des populations. A cette occasion, les populations en profitent pour leur exposer leurs préoccupations. Malheureusement une fois repartis, ces préoccupations sont jetées aux oubliettes. Quant aux promesses des candidats, elles s’arrêtent là où elles ont été faites.

Cette campagne de 2020, comme les campagnes antérieures, n’échappe pas à cette règle politique. Les candidats viennent, ils voient et repartent. En attendant la prochaine campagne. Quant aux populations certainement habituées à ces comportements, elles ne s’offusquent plus. Mieux, elles s’organisent pour réserver des accueils agréables à tous les candidats. Ecoutent religieusement leurs délires, prennent ce qu’on leur apporte comme cadeaux et les remercient pour leur visite. En attendant la prochaine campagne politique.

En effet, entre les populations et la classe politique, il y a comme un divorce tacite qui ne dit pas son nom. Chacun fait semblant alors que les problèmes qui se posent aux Burkinabè sont réels. Les candidats sérieux qui ont les moyens et qui ont pu se rendre dans des localités reculées, ont compris, par exemple, la nécessité de désenclaver certaines zones. Qui ne le sont pas alors qu’elles sont de véritables zones de production, donc pourvoyeuses de richesses. Certains ont pu se rendre compte du manque d’eau potable dans certaines localités où la pluviométrie est pourtant abondante. Ils sont allés et ont vu que la gratuité de soins de santé qui est une bonne mesure ne profite pas correctement à ceux qui en ont le plus besoin. Ils sont allés, on leur a sans doute dit que les mesures prises au plus haut niveau pour faciliter certaines productions de rente ou vivrières, ne profitent pas aux producteurs concernés. Et pourtant, ils sont tous partis pour parler de bien-être des mêmes populations. C’est tout de même paradoxal !

Entre les grands meetings et les petites rencontres dans les quartiers, dans les stades et dans les grands espaces, rien ne semble mieux. Entre les grands posters et les petites affiches, les Burkinabè ne semblent pas émerveillés. Ils regardent seulement et attendent la fin de la campagne et le candidat qui sera élu. Il est évident que quel que soit le prochain président, il n’aura pas de répit. Après avoir sillonné le pays et pris connaissance des préoccupations des Burkinabè, ceux-ci voudront tout de suite qu’il leur trouve des solutions.

C’est pourquoi, les hommes politiques devraient être honnêtes et faire des promesses tenables. Le Burkina Faso a des ressources limitées. Tout le monde le sait. Mais quand on vient dire qu’on peut faire l’impossible, il faut le faire. N’est-ce pas tout cela qui justifie après les grèves intempestives, les mouvements d’humeur et autres manifestations et sit-in ?

Dabaoué Audrianne KANI

 

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