De la vente en ligne à l’ouverture de sa boutique en mars 2025, le parcours de Natacha Djiguimdé, plus connue sous le nom de Madame Kiemtoré, est un modèle de détermination. Entrepreneure polyvalente, elle jongle entre gestion commerciale, prestations de coiffure et vie de famille, prouvant que la passion et la persévérance sont les clés de l’épanouissement.
Venue de la Côte d’Ivoire où elle a effectué son cursus primaire avant de rejoindre le Burkina Faso pour ses études secondaires, Natacha a très tôt choisi de tracer son propre chemin. Plutôt que de poursuivre avec le baccalauréat, elle écoute son instinct et se lance dans le commerce. Un choix audacieux qui marquera le début d’une aventure humaine et professionnelle. Tout commence entre 2019 et 2020. Avec le soutien de son époux, elle fait ses premières armes dans la vente en ligne. Son produit phare : Le Koko Dunda. « Je prenais des photos avec une dame à Bobo-Dioulasso que je publiais. Quand j’avais des commandes, je l’appelais pour qu’elle me les envoie afin que je puisse livrer les clients », se souvient-elle. Fort du succès de cette première expérience, elle élargit sa gamme aux chaussures, suivant le même modèle de gestion à distance. C’est en mars 2025 que son rêve prend une forme physique avec l’ouverture de sa boutique “Style et élégance by Mme K”, située à côté du marché de Karpala de Ouagadougou. Aujourd’hui, sa boutique est une escale incontournable pour la femme moderne : robes, pantalons, chemises, sacs et, plus récemment, une ligne de lingerie. Chaque article est rigoureusement sélectionné selon les tendances actuelles. « Mes clientes ont l’embarras du choix. Souvent, même si elles ne sont pas venues pour acheter, elles finissent par repartir avec un coup de cœur », confie-t-elle avec un sourire.
Un message d’espoir pour les femmes burkinabè
Le parcours d’entrepreneur n’est pas un long fleuve tranquille. Après une tentative moins fructueuse dans la friperie, Natacha a su rebondir en s’associant pour intégrer un service de coiffure à son commerce. Spécialisée dans les styles demandés comme les locks et les micro-twists, elle apporte une valeur ajoutée à sa boutique en conseillant ses clientes sur leurs choix capillaires. Cependant, le quotidien exige une organisation de fer. Pour Natacha, chaque journée est une course contre la montre. « En tant que femme, ce n’est pas toujours aisé de jongler entre les prestations techniques, la gestion commerciale et le foyer. Je commence par les travaux domestiques le matin, je gère la boutique, et je repars à 16h finir mes tâches ménagères avant de revenir pour la fermeture ». À cela s’ajoutent les défis du métier. Les commandes fantômes de clientes qui disparaissent au moment de la livraison, ou encore les erreurs de taille. Mais ces obstacles ne pèsent rien face au sentiment de liberté que lui procure son activité. Pour celle qui se sentait autrefois « confinée entre quatre murs », l’entrepreneuriat a été une véritable libération sociale. « Aujourd’hui, je sors et je côtoie du monde. Mon activité me permet de m’épanouir », affirme-t-elle. Regardant vers l’avenir, Madame Kiemtoré ambitionne de renforcer ses activités et de continuer à faire grandir son entreprise. Elle ne manque pas de saluer le dynamisme des femmes burkinabè qui investissent de plus en plus le secteur de l’entrepreneuriat, contribuant ainsi à l’équilibre financier de leur foyer. Son conseil aux aspirantes entrepreneures, c’est de continuer à se battre avec le peu de moyens qu’elles ont. «J’ai commencé ainsi, et c’est en commençant petit que l’on finit par bâtir de grandes choses », dit-elle.
Aïcha TRAORE
