Autant le dire… : Incendie de la mine d’or de Houndé, la marque du désespoir

Si des orpailleurs en sont arrivés, hier mardi 17 mai 22, à s’attaquer et à incendier des installations de la mine d’or de Houndé, c’est sans aucun doute parce qu’ils ont perdu tout espoir dans leur vie. Eux qui, avant l’arrivée de la mine, faisaient de bonnes affaires et qui, du coup, se retrouvent aujourd’hui sans aucune perspective. Sans les disculper, on peut dire qu’ils ont eu une réaction (somme toute condamnable) qui exprime le désespoir dans lequel vivent aujourd’hui de nombreux Burkinabè.

C’est donc face à une question de vie ou de mort qu’on avait affaire hier à Houndé. Malheureusement (et il faut le déplorer), les manifestants sont allés très loin dans l’expression de leur colère. Car, en incendiant les installations de la mine, les revendications qu’ils posent ne peuvent plus trouver des solutions. C’est une expression suicidaire de colère qui a renversé la calebasse de lait, alors que les auteurs savent qu’ils ne pourront jamais traire la vache. La mine d’or de Houndé a fait l’objet d’un décret présidentiel signé le 5 février 2015 par le président de la transition Michel Kafando.

Ce permis détermine la superficie de la mine, notamment le périmètre de 23,20 km2 qu’elle doit occuper pour une durée de 20 ans renouvelable tous les cinq ans. La mine verse de l’argent à l’Etat, tant sous forme de taxes et d’impôts, mais également dans le cadre du fonds minier. Au regard de ce qui précède, les auteurs de ces actes doivent être formellement identifiés, mis devant les faits et punis conformément aux lois en vigueur. Non seulement ce qu’ils ont fait est du vandalisme, mais pire c’est du terrorisme sous une autre forme. En plus, s’il s’avère que la manifestation n’a pas été autorisée, c’est une autre infraction. Si à Houndé l’Etat ne sévit pas avec toute la rigueur qui sied, il ne faut pas s’étonner que le vilain cas de Houndé soit dupliqué ailleurs.

De l’orpailleur, on en a suffisamment parlé. Extraction désordonnée de l’or, sans autorisation et dans des conditions extrêmes de non-respect de l’environnement et le plus souvent de toutes les règles sociales et de cohabitation, l’orpaillage doit être sérieusement repensé. S’il doit procurer des revenus à leurs acteurs, il doit également profiter à l’Etat et aux populations des villages qui sont affectés.

Voilà des gens (ces orpailleurs) qui arrivent dans des localités en grappes, s’installent où ils veulent, creusent des galeries au mépris de tous les textes en matière d’environnement, désarticulent le tissu social des zones d’accueil et repartent quand ils finissent de piller les ressources. Laissant derrière eux des ruines impraticables pour l’agriculture, l’élevage et d’autres activités humaines. Et puis, il n’y a rien. Il faut que ça cesse. Mais pour cela, il faut que les sociétés minières prennent beaucoup plus en compte les préoccupations des populations des zones où elles exercent. Si réellement elles étaient pourvoyeuses de revenus pour tous, on ne s’attaquerait pas à elles.

Dabaoué Audrianne KANI

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