
D.N comparaissait au tribunal correctionnel de Bobo-Dioulasso, le 11 mars 2025. Le Procureur lui reproche plusieurs faits qu’il n’a jamais reconnus.
D.N est né en 1986 à Samendeni à quelques kilomètres de Bobo-Dioulasso. Il est cultivateur de profession, domicilié à Samandeni, célibataire sans enfant. Il a déjà été condamné à 18 mois de prison pour des faits de vol. Ce 11 mars 2025, le voici de nouveau devant la barre du tribunal correctionnel de Bobo-Dioulasso pour répondre d’au moins quatre faits. Premièrement, il lui est reproché d’avoir à Badara, frauduleusement soustrait une bicyclette au préjudice de A.D. Deuxièmement, dans la nuit du 04 au 05 novembre, soustrait des téléphones portables de A.T. Troisième fait, il a soustrait sur la RN8, le 21 décembre 2024, des biens en or, des téléphones portables, le tout d’une valeur de 3.000.000 F CFA. Et en quatrième et dernier fait, il lui est reproché d’avoir porté une arme à feu sans l’autorisation du permis de port d’arme.
Interpellé et conduit devant le parquet, il n’a pas reconnu les faits. À la barre toujours, il ne reconnaît aucun des faits qu’on lui reproche. Il explique avoir «quitté Samendeni avec un ami pour le Mali à la recherche du mieux vivre. Nous sommes allés sur un site d’or et je n’ai pas eu grand-chose”. Le premier mois, j’ai eu 30.000 FCFA et j’ai acheté des habits. Le mois suivant, 40.000 FCFA. J’ai payé un vélo à 39.000 F CFA et il me restait 1000 F. Le lendemain, mon père m’a appelé de revenir vite à la maison parce que mon frère est décédé. Je n’avais plus l’argent du transport. Donc j’ai pris mon nouveau vélo et j’ai roulé du Mali jusqu’à Badara. Comme, il faisait déjà tard, j’ai dormi dans un marché. Le matin, je me suis réveillé et j’ai payé de la cigarette à 100 F et de l’eau à 100 F. J’ai continué ma route, à Tiara quelqu’un m’a arrêté avec une moto Sanya. J’ai pris la poudre d’escampette car la personne n’avait pas la posture d’un homme de tenue».
Quant à Siaka (nom d’emprunt), un VDP qui l’a arrêté, il a témoigné que «l’homme qui est devant vous est un vrai délinquant, il réside à Badara. Ce jour-là, je l’ai croisé de face dans la forêt. Dès qu’il m’a vu il a tiré sur moi, Dieu merci il m’a raté. Il a pris la fuite en laissant l’arme par terre. Je n’ai pas pu l’arrêter parce que c’était la nuit et en plus dans une forêt. Le lendemain, il est allé faire semblant chez le boutiquier disant qu’il a été braqué. Lui, il le regarde et à soupçonné quelque chose parce qu’il avait des blessures aux pieds. Le boutiquier faisant semblant, se retire juste un peu et m’appelle. Avant d’arriver sur les lieux, la foule l’avait déjà arrêté. J’ai fouillé son sac à dos pour voir si l’habit qu’il portait la nuit se trouvait dedans. Effectivement, il avait ces mêmes habits dans le sac».
Après les débats, le parquet a requis contre lui une lourde peine de prison et une amende ferme. Le tribunal a mis le dossier en délibéré à une date ultérieure.
Annaïsse PAKOTOGO