Autant le dire… : cette fois-ci, permettons au nouvel entraineur de travailler

L’équipe nationale senior du Burkina, les Etalons ont eu un nouvel entraineur le 28 Février 2026. Recruté après un processus d’appel à candidatures. Plus d’une centaine de sélectionneurs ont postulé et au finish, c’est Amir Abdou qui a été retenu. Il a été présenté officiellement le 05 mars dernier à la presse. Dans son appel à candidatures, la Fédération burkinabè de football (FBF) a bien signifié ce qu’elle attend de l’entraineur. C’est donc en toute connaissance de cause que l’entraineur Amir a postulé. C’est dans la même dynamique que la Fédération a porté son choix sur lui. Chacun sait ce qui est attendu de l’autre. Autrement, Amir Abdou a une feuille de route et des objectifs clairement définis à atteindre. On pourrait donc dire que le « marché est conclu » et que chacun est attendu pour faire pleinement son travail. Permettons donc au nouvel entraineur qui, à priori ne connait personne, de travailler sereinement sans influence nocive.

En effet, c’est de cela qu’il s’agit car tout porte à croire que les entraineurs des Etalons ont rarement les mains libres pour faire leur travail. Entre les influences probables de l’employeur (des membres la Fédération burkinabè de football) et de certains joueurs cadres de l’équipe, de journalistes sportifs dont certains jouent par procuration et des supporters, notamment facebookeurs, les entraineurs sont parfois désorientés. Il est de notoriété que le football est un sport de passion et d’émotion. Mais quand on veut atteindre des résultats, on modère les passions et surtout les émotions, surtout quand elles peuvent émousser des objectifs.

A cet égard, la Fédération burkinabè de football doit laisser les mains libres à l’entraineur non seulement dans ses choix, mais aussi dans l’organisation et la gestion de façon globale de l’équipe dont il est le patron. On ne doit pas non plus lui imposer des collaborateurs qu’il ne connait, avec lesquels ils pourraient ne pas pouvoir travailler convenablement. Il doit donc avoir le choix de ses collaborateurs car, à son tour, il attend d’eux des résultats. Du reste, le staff d’une équipe nationale est aussi une équipe cohérente, engagée et consciente des attentes de son employeur et des amoureux du football.

Il faut que cela soit compris comme cela : le football est un grand ambassadeur. Ce n’est pas pour rien qu’avant chaque match de football officiel on entonne l’hymne national. Ce n’est pas pour rien non plus que le fanion comporte les couleurs du drapeau. On ne doit en aucun cas permettre à quelques individus, quelle que soit leur rang, d’influencer d’une manière ou d’une autre les choix d’un entraineur payé par l’argent du contribuable.

Les défis à relever sont immenses sur le plan sportif et spécifiquement dans le domaine du football, sont énormes. Les Burkinabè  doivent donc faire bloc derrière leur équipe afin de la hisser au sommet de la hiérarchie du football africain et mondial. Avec le nouvel entraineur, les Etalons feront, comme d’habitude, de bons résultats comme de moins bons résultats. C’est à nous de savoir qu’on ne gagne pas à tous les coups. Et lorsqu’on perd, on s’interroge et on se relance. Le parcours d’une équipe nationale n’est jamais linéaire. L’entraineur Amir Abdou ne vient donc pas pour faire des miracles. Que cela soit compris comme cela.

Dabaoué Audrianne KANI