Même s’il y a eu des insatisfactions (ce qui est inhérent dans toute œuvre humaine), la quasi-totalité des Burkinabè et des concernés sont unanimes que l’immersion patriotique d’un mois des bacheliers cuvée 2025 a été une belle initiative. Ce d’autant plus qu’elle a concerné la frange jeune qui aborde ainsi le début de la vie active. Car, quand on va à l’université, c’est le début d’une carrière professionnelle, de la vie active et par conséquent le début de sa propre construction et celui de sa contribution (d’une manière ou d’une) à la construction de la patrie. Et cela nécessité de la discipline, de l’ordre, de l’engagement et surtout du patriotisme pour soi-même et pour son pays. C’est aussi le moment d’inculquer à l’enfant des valeurs comme la solidarité, le respect du bien public, l’intégrité, la vérité et l’honnêteté, le courage, la tolérance et le travail bien fait. Bref, des valeurs indispensables à sa propre réalisation et à celle de la communauté à laquelle l’on appartient.
A l’analyse, toutes ces crises sécuritaire et humanitaire que nous vivons s’expliquent en partie par la perte d’un certain nombre de valeurs propres à nous. La vie humaine est sacrée et doit être préservée à tout prix. Ainsi, aucune communauté, aucune religion n’autorise qu’elle soit ôtée. Alors, comment expliquer que des humains décident de tuer d’autres humains pour le plaisir de les tuer ? Comment expliquer tous ces comportements déviants : corruption, vol, viol, homosexualité, népotisme, indiscipline, manque de respect aux ainés et parfois aux géniteurs si ce n’est la perte de toutes ces valeurs ? Comment expliquer cette haine, ce manque de solidarité et cette intolérance qui caractérisent certains d’entre nous si ce n’est parce qu’ils n’ont pas reçu l’éducation qu’il faut ?
L’immersion patriotique a donc été saluée. Mais comme toute œuvre utile, elle a pris fin un mois après comme cela était prévu. Cependant, elle doit se poursuivre. D’abord dans les familles, dans les écoles, les centres de formations, les universités et dans la vie de tous les jours par les parents et les encadreurs qui doivent prendre le relai. Elle doit être surtout perpétuée par ceux qui en ont bénéficié afin de partager avec d’autres étudiants, élèves et jeunes burkinabè qui n’en ont pas bénéficié, les valeurs qui leur ont été enseignées. C’est ainsi que commencera le changement de comportement indispensable qui doit permettre d’avoir des Burkinabè nouveaux, artisans du Burkina Faso nouveau. C’est bien de cela qu’il s’agit.
Pour tout dire, le Burkina Faso est engagé dans un combat de longue durée pour la liberté, l’indépendance, la souveraineté et la dignité. Pour ce faire, une jeunesse consciente et résolument déterminée et prête à assurer la relève et poursuivre ce combat, doit être au cœur des préoccupations. C’est ce qui est en train d’être fait. Les jeunes d’aujourd’hui seront les hommes de demain, comme le sont aujourd’hui les hommes d’aujourd’hui qui étaient les jeunes d’hier. Chaque génération a son combat à mener et à le gagner pour la patrie. La révolution d’Août-83 a eu ses pionniers de la Révolution, celle de 2022 est en train de former ces immergés patriotiques. Le point commun : l’amour de la patrie.
Dabaoué Audrianne KANI
