Accart-Ville, secteur 10 de Bobo :une dame vend la parcelle familiale à trois personnes différentes

D.A, mère de trois enfants, a comparu devant le tribunal correctionnel de Bobo-Dioulasso, le lundi 1er juin 2026. Elle a été jugée pour des faits d’escroquerie et de blanchiment de capitaux portant sur la vente d’une parcelle.

 

Les faits ont débuté en 2022 à Bobo-Dioulasso. En substance, D.A a usé de manœuvres frauduleuses pour convaincre une autre dame S. A à lui remettre une somme d’argent. En l’espèce, elle a fait comprendre à la victime qu’elle disposait d’une parcelle d’une superficie de 373 mètres carrés en vente sis à Accart-Ville, un quartier de la ville de Bobo-Dioulasso. Pour réussir son plan d’escroquerie, elle lui a envoyé via WhatsApp des vidéos de la parcelle en question où sont érigés deux magasins.

S.A , convaincue, s’est alors intéressée à la parcelle, car elle remplissait des conditions qu’elle voulait pour ses activités. Sur le prix de la vente, les deux parties se sont entendues sur le montant de 26 millions F CFA. Sans tarder, S.A lui a d’abord versé 1 million FCFA, ensuite 5 millions à titre d’avance.

Quelques jours après, D.A est revenue voir la victime lui exposant ses soucis de scolarisation de ses enfants. C’est ainsi que S.A lui a remis successivement des sommes d’argent d’un montant total de 10 millions F CFA. Dans l’attente d’avoir les documents de la parcelle, les choses ont traîné. Finalement, S.A va se rendre compte qu’elle a été escroquée par D.A. Elle va entamer une démarche pour rentrer en possession de son dû, mais elle sera vaine. Elle décide alors de se tourner vers la justice en  portant l’affaire devant le tribunal.

Selon le dossier, la parcelle en question est un  héritage familial qui appartenait au défunt père de la prévenue. Les enquêtes ont révélé qu’il s’agissait d’une cour familiale et  que D.A l’aurait vendue à trois personnes différentes.

À la barre

Lors de l’instruction du dossier le 1er juin 2026, la prévenue D.A reconnaissait les faits.

« Je reconnais mon tort et je demande pardon», dit-elle.

Interrogée sur comment elle a utilisé les 15 millions F CFA. «J’ai acheté une moto de marque 115 à 1 million FCFA, j’ai acheté une parcelle non lotie à Gaoua que j’ai construite en banco et j’ai utilisé le reste de l’argent pour développer mon commerce de pagnes basins», dit-elle.

S.A s’est constituée partie civile et réclame la somme ses 15 millions F CFA.

Réquisitions

Le parquet a estimé qu’il y a bel et bien escroquerie et blanchiment de capitaux contre la prévenue. Il a requis à ce que le tribunal la condamne à une peine d’emprisonnement de 07 ans et une amende de 45 millions F CFA, le tout ferme.

L’avocat de la défense plaide la clémence du tribunal. Pour lui, il y a lieu d’accorder un sursis à sa cliente au regard de son statut de délinquant primaire.

La prévenue, en dernier mot, demande aussi la clémence du tribunal.

Le tribunal l’a déclaré coupable des faits d’escroquerie et de blanchiment de capitaux.

Il l’a condamnée à 06 mois de prison ferme et une amende ferme de 9 825 000 F CFA. La coupable a aussi été condamnée à payer les 15 millions F CFA de la victime. La contrainte judiciaire a été fixée à 9 mois.

Ben Alassane DAO

daobenalassane60@gmail.com