
Le Centre Africain de Droit et d’Administration (CADA) a officiellement lancé, le samedi 1er août 2026 à Bobo-Dioulasso, sa Clinique juridique. Associée à une campagne de sensibilisation sur le port du casque, cette initiative vise à rapprocher la justice des citoyens tout en contribuant à la réduction des accidents de la circulation grâce à une meilleure connaissance des droits et au respect des règles de sécurité routière.
Le Centre Africain de Droit et d’Administration (CADA) a franchi une nouvelle étape dans sa mission de promotion du droit et de la citoyenneté en procédant, le samedi 1er août 2026, à l’ouverture officielle de sa Clinique juridique à son siège de Bobo-Dioulasso. Couplée à une campagne de sensibilisation sur le port du casque, cette activité avait pour objectif de contribuer à la réduction des accidents de la circulation dans la ville tout en rapprochant davantage la justice des populations.
La cérémonie était placée sous la présidence de Mountamou Kani, Directeur de publication de L’Express du Faso. Elle a réuni les membres du CADA, des représentants d’organisations socioprofessionnelles ainsi que des citoyens venus s’informer sur les services proposés par cette nouvelle structure. Prenant la parole, le Directeur exécutif du Centre Africain de Droit et d’Administration (CADA), Pr Diassibo Thomas Yonli, a expliqué que cette Clinique juridique se veut avant tout un espace d’écoute, d’orientation et de conseil.
Un cadre d’écoute, d’orientation et de formation
Selon lui, de nombreuses personnes ignorent encore le rôle des différents acteurs de la justice, ce qui constitue souvent un frein à l’accès au droit. « Cette Clinique juridique est là pour donner des conseils, car très souvent les gens ne savent pas faire la différence entre un magistrat, un avocat ou un huissier de justice. Nous sommes là pour les orienter et les conseiller », a-t-il déclaré. Pr Yonli a également indiqué que la Clinique remplit une mission pédagogique. Elle servira de cadre de formation dans plusieurs métiers liés au droit et permettra aux étudiants de confronter les enseignements théoriques reçus dans les amphithéâtres aux réalités du terrain. « Nous voulons concrétiser ce que nous apprenons à nos étudiants afin qu’ils soient à l’écoute des populations et comprendre leurs préoccupations quotidiennes », a-t-il souligné. S’agissant des prestations offertes, le Directeur exécutif a précisé que les consultations seront, dans un premier temps, gratuites. Toutefois, des contributions symboliques pourront être sollicitées lorsque cela sera nécessaire afin d’assurer le fonctionnement du centre. Il a salué l’engagement des membres du CADA, composés notamment d’avocats, de notaires, de magistrats et d’autres professionnels du droit, qui mettent volontairement leurs compétences et leurs moyens au service de la population. « Ils sont là pour accompagner les citoyens dans la défense de leurs droits et leur permettre de mieux comprendre les procédures judiciaires », a-t-il expliqué. Pr Diassibo Thomas Yonli a par ailleurs estimé que le système juridique hérité de la période coloniale présente certaines limites face aux réalités africaines. Il a ainsi salué l’évolution du cadre juridique national, notamment avec l’adoption de nouvelles réformes adaptées au contexte burkinabè. Selon lui, le CADA entend contribuer à réduire l’ignorance des populations en matière de justice et favoriser une meilleure appropriation du droit. Présidant la cérémonie d’ouverture et par ailleurs membre du CADA, Mountamou Kani a salué l’initiative et remercié les participants pour leur mobilisation. Il a encouragé les responsables de la Clinique juridique à poursuivre leurs actions de proximité afin que chaque citoyen puisse connaître ses droits et les faire valoir dans le respect de la loi. « Tous les actes que nous posons au quotidien peuvent d’une manière ou d’une autre nous amener devant la juridiction et le plus souvent nous ne savons pas à qui nous adresser. Donc en ouvrant une Clinique de ce genre, c’est une occasion qui est donnée à tous de venir au CADA, poser leurs problèmes et avoir le conseil nécessaire », a-t-il indiqué.
Le port du casque au cœur de la sensibilisation
La cérémonie a également été marquée par une communication de Seydou Coulibaly, Inspecteur de la Police municipale et Directeur général de la Police municipale de Bobo-Dioulasso. Au cours de son intervention, il a sensibilisé les participants sur les dangers de l’insécurité routière et rappelé l’importance du port de la ceinture de sécurité et du port du casque pour les conducteurs et passagers de deux-roues.
Il a insisté sur le fait que le casque demeure l’un des moyens les plus efficaces pour réduire la gravité des traumatismes en cas d’accident. Il a invité les usagers de la route à adopter des comportements responsables en respectant le Code de la route, les limitations de vitesse ainsi que les règles de circulation. Aussi aux jeunes, à vulgariser des messages et textes qui encadrent le port du casque, à participer aux jeux radiophoniques tel que le théâtre, les causeries et les débats sur le port du casque, promouvoir des bons comportements en circulation et être tolérants, prudents et courtois en circulation. Présent à la cérémonie, Souleymane Traoré l’un des délégués des commerçants, a indiqué que cette Clinique juridique sera d’une grande utilité pour les commerçants. Selon lui, elle permettra de mieux comprendre les textes de loi et de bénéficier de conseils juridiques adaptés aux difficultés rencontrées dans leurs activités quotidiennes. En rapprochant le droit des citoyens et en renforçant la sensibilisation aux comportements responsables sur la route, le CADA espère contribuer à l’émergence d’une société davantage informée, respectueuse de la loi et soucieuse de préserver la vie humaine.
Estelle Wende Mi KOUTOU
Latifa DONDBZANGA (Stagiaire)